03 août 2011

Marie COVIAUX - Championnat de France de Triathlon longue distance 2011

La magie d'internet c'est de permettre à des coureurs de différents niveaux de partager leur passion. Aujourd'hui, je suis très fière de vous faire découvrir Marie COVIAUX, avec qui je discute sur Facebook. Sa disponibilité pour répondre à mes questions et sa gentillesse font de cette championne une personne que j'admire beaucoup. Voici un récit qu'elle a rédigé après sa participation au Championnat de France de Triathlon à Dijon, le dimanche 3 juillet 2011.
marie
Samedi soir, il faut dormir ! Lever prévu à 4h30 demain pour partir à Dijon. 3h de route avec les arrêts. J'ai besoin d'arriver tôt, je n'ai pas mon dossard et je suis du genre à paniquer avant la course, arriver en avance fait partie des mesures anti-stress.
J'ai bien expliqué à la joyeuse bande de dingues avec qui je partage mon logis que maman avait besoin de dormir tôt. A 22h dodo. A 1h51 du matin exactement, les instructions ont été oubliées, je me fais réveiller par les hurlements de rire de mon ainé au téléphone avec un copain (il parait que, quand on programme, y'a pas d'heure pour ça et que c'est mieux à deux.) GGRRR Impossible de me rendormir.

A 3h du matin, c'est moi qui le réveille en hurlant. Je croyais qu'il était encore au téléphone alors qu'il parlait dans son sommeil ... OOPS ! Inutile de rester à me retourner dans le lit : petit déjeuner (porridge) et je file.
L'année dernière j'ai fait le voyage paniquée et furieuse (la ligue avait omis de me sélectionner pour les championnats de France), sans compteur de vitesse sur la voiture et finissant en larme dans Dijon complètement perdue (un gentil monsieur m'avait emmené au lac, sinon j'y serais encore).
Cette année le GPS est mon allié ! Outre la vitesse donnée (le compteur de la voiture ne vaux pas le coup d'être réparé) il m'emmène pile poil devant le parc à vélo. Je gare la voiture à 6h30 et je pique un somme pendant une heure. Réveil, récupération du dossard, installation du vélo dans le parc, je vérifie tout 2000 fois.
Moment de panique : l'eau est à plus de 22°C ! Les arbitres permettent la combinaison sauf pour les élites OUF!! (je nage beaucoup moins bien sans combinaison). Échauffement rapide dans l'eau et me voilà sur la plage avec mon bonnet rose prête à partir en départ protégé (heureusement nous sommes 700 au départ !), une minute après les élites hommes. Pan, c'est parti pour 3000 de natation dans le lac kir.
C'est la troisième fois que viens à Dijon et l'eau est toujours aussi marron. On n'y voit rien du tout dans l'eau, par chance nous partons à peu de filles, nous pouvons facilement garder nos distances et éviter les coups de pied dans les lunettes. Le parcours est simple : deux aller-retour dans le lac avec passage à l'australienne (un petit tour sur la plage et on repart). J'ai l'impression que les bonnets roses sont tous très loin devant moi... mais bon, ce sont les championnats de France, les élites et les masters femmes partent en même temps : il y a forcément du très beau monde !
Comme toujours je trouve la natation interminable. Enfin, je reviens à la plage pour entamer le 2ème tour. Coup d'oeil à la montre: QUOI ??? HEIN ??? mais ce n’est pas possible : elle me donne 24 minutes (pour info j'ai parcouru les 3000m ici l'an dernier en 1h04.. mais j'étais dans le départ de masse).

Je repars pour le 2ème tour en gambergeant : 24+24=58, si je sors de l'eau en 58 minutes ce sera magnifique ! (oui je sais, j'ai parfois des défaillances intellectuelles sidérantes en course... seulement en course, hein ? on est d'accord ?!). Mais les hommes partis 5 minutes derrière nous rejoignent. Tout de suite, je suis moins à l'aise. J'ai peur de prendre des coups, je m'écarte de la trajectoire idéale en les laissant passer pour trouver un coin tranquille.
Ayé ! OUf fini ! Je me jette sur ma montre en prenant pied ! 51,55 minutes ! Non, ce n’est pas possible, je n'ai pas pu nager comme ça ! j'aurais alors littéralement explosé mon record (56mn). Je me jette sur mon vélo en gambergeant. J'ai vraiment dû me tromper pourtant non, dès le départ je double une fille que je sais être bien meilleure nageuse que moi.
Bon, il s'agit de faire un beau vélo maintenant : 80 km avec 1000m de dénivelé positif et il y a du vent. Ca va vite, trop vite pour moi ! Le niveau est haut chez les hommes et chez les filles. D'habitude je me cale vite et je commence à doubler, là rien du tout. C'est moi qui me fait doubler (y compris par deux filles, pas bon pour mon égo). Je me calme et me raisonne. Je suis bonne en vélo, aucune raison de paniquer, il faut que je conserve mon avance et c'est tout. Les noms des clubs sur les tri-fonction aident à relativiser. Quand vous vous faites doubler par des avions de Narbonne ou de Saint Raphael, on se doute qu'il ne sont pas venus aux championnat de France à Dijon pour faire de la figuration.
Le moment désagréable quand même : une fille (on est peu nombreuse et on fini par se connaitre de compétitions en compétitions) me rattrape en vélo. Ca m'étonne un peu, on a sensiblement le même niveau. Je me cale (en respectant les distances) derrière elle sans aucune difficulté, on traverse quelques kilomètres vallonnés en faisant l'élastique avec un autre gars en jaune (très sympa d'ailleurs). Arrivés sur le plateau, nous revoilà face au vent. Un beau triathlète, tout de vert vêtu, nous double et voilà ma copine qui sans vergogne prend sa route et profite de l'aspiration (et de l'absence d'arbitre) pour nous fausser compagnie. GGRRR j'ai horreur de ça ! Par chance, elle n'est pas dans ma catégorie, mais je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse s'enorgueillir de faire un beau vélo quand on triche aussi ouvertement.
Le parcours a changé par rapport aux autres années, impossible de comparer mes temps. Une seule boucle dans la campagne bourguignonne. C'est fort plaisant ma foi. Un gros regret pour la route qui n'est pas complètement fermée à la circulation, ni dans un sens, ni dans un autre. Je peux prendre des risques en compétition mais j'avoue que descendre à toute berzingue des routes sinueuses qui me sont inconnues avec de potentielles voitures qui ne demandent qu'à surgir me limite considérablement !

Une petite doléance concernant les ravitaillements. Bananes et pains d'épice en solide me semblent acceptable mais uniquement de l'eau en vélo, pour un 80km, je trouve ça très léger quand même.
Un sadique petit aller-retour nous attend pour aller chercher une bosse à monter dans les deux sens et nous voilà de retour au parc à vélo après 2h49,31. Mon compteur (volontiers optimiste) m'indique + de 29 km/h de moyenne (en fait c'est 28,32 exactement).

Le plus dur reste à faire : 20,5 km de course à pied environ. Il fait chaud et c'est en plein cagnard pour la majeure partie. Je n'ai pas couru depuis un mois et demi pour économiser mon genou droit (TFL) , excepté au triathlon de Lusigny sur les mêmes distances, aucune raison pour qu'il ne tienne pas le coup ici aussi. Il se rappelle à mon bon souvenir au bout de deux kilomètres mais je connais le traitement qui s'impose: le mépris !
Par contre, je prends très au sérieux les points de coté que je sens à nouveau, pas très loin de me plier en deux. Je gère kilomètres après kilomètres en me concentrant sur la respiration. En fait, je me sens pas mal du tout. Le parcours est sur plusieurs aller-retour (deux plus une boucle). Je vois très bien que je n'ai aucune fille à doubler devant et que je ne suis inquiétée par aucune fille derrière moi. Le vélo à bien étiré la meute du départ. Du coup, je gère ma course du mieux que je le peux, sans chercher à battre mon record de l'an passé (1h49).
Mon genou droit se fait sentir mais n'est pas très invalidant. Je tiens les points de coté à distance, pas de fille à mes trousses. Je profite des spectateurs qui nous encouragent en les remerciant par un signe ou un sourire, je me fais plaisir ! Curieusement, c'est mon genou gauche qui me fait souffrir sur les trois derniers kilomètres. M'en fiche ! J'arrive avec le sourire (en 1h54 bof, bof..) je suis toute contente ! En plus, Dijon c'est le meilleur ravitaillement à l'arrivée que je connaisse : il y fait toujours horriblement chaud et nous attendent des parts de pastèque et de melons frais ! MIAM MIAM je me régale à chaque fois !
Maintenant c'est un peu la pèche au résultat. Je crois que j'ai fait un bon temps. Avant le départ, j'ai un peu regardé les filles inscrites dans ma catégorie, je sais que je ne peux prétendre à mieux que la 3ème place et encore, ce n'est pas garanti. Le protocole commence pour les élites, les masters, les seniors. Pas d'affichage, je finis par aller derrière le podium pour me renseigner en m'excusant : -"Euh, vous savez j'habite loin, j'ai de la route, je ne voudrais pas attendre pour rien… "
"-Bah oui madame, on vous attendait : Vous êtes 2ème des Vétérans 2"
Je n'en reviens pas ! Je suis folle de joie. Je suis partie sans appareil photo évidemment et il n’y a personne que je connaisse pour immortaliser mon podium au Championnat de France. J'ai une belle médaille, un beau bouquet de fleurs et une bouteille de rosé de coteau varois (au triathlon de Dijon !?). Le plus beau, c'est quand même d'être vice-championne de France en catégorie V2 de triathlon longue distance même si je sais parfaitement que je ne dois cette place qu'à l'absence de filles qui sont bien meilleures que moi, à commencer par la gentille Carie Roux (de ma ligue) qui m'aurait laissé sur place, ou Anne-France Julia qui avait gagné l'an dernier.
Je ne me prends pas la grosse tête mais je savoure quand même un peu le moment.

Marie COVIAUX - Juillet 2011

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27 juillet 2011

Thierry DOURIEZ et la Trans Gaule 2011

 Je viens de prendre connaissance d'un évènement qui va débuter

le 10 août 2011 et... j'en reste sans voix !

Dans moins de deux semaines, 12 femmes et 36 hommes auront rendez-vous à Roscoff pour relier la Manche à la Méditerranée, au terme de 18 jours de course et d'aventure à travers la Gaule profonde.

Dans ce peloton représentant 8 nations (Allemagne, Pays-Bas, Grèce, Grande-Bretagne, USA, Japon, Algérie et 20 départements français), on retrouvera plusieurs spécialistes des courses par étapes mais aussi d'autres coureurs plus novices sur ce type d'épreuve itinérante car il faut bien commencer un jour. Je relève qu'il y aura parmi eux une femme de 70 ans et un homme de 73 ans.

Aujourd'hui, je vous présente Thierry DOURIEZ, 47 ans, qui va réaliser son rêve un peu fou avec cet ultra marathon itinérant de 1150 km ! Les étapes quotidiennes feront 50 à 75 km et traverseront 16 départements.

Bonne chance à vous, les artistes !


 Si vous souhaitez mieux faire connaissance avec Thierry,

vous trouverez son blog ICI

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25 juin 2011

Carole, ma voisine et sa 1ère Vivicitta à Genève

Pour que mon blog soit aussi VOTRE BLOG, c'est avec plaisir que je confie mon clavier à tous les passionnés de course à pied, quelque soit le niveau. J'ai moi-même beaucoup de plaisir à lire des récits de coureurs et à me projeter sur d'autres parcours que les miens, Ce soir, je vous confie Carole, ma voisine ! Elle vous racontera sa course, son premier 12 km lors de la VIVICITTA à Genève, au mois d'avril 2011.

   carole

La Vivicitta le 3 avril 2011 à Genève : une première pour la ville et pour MOI !!!!!

9h30 arrivée pour prendre le dossard, me voilà seule face à moi-même. Je l’accroche tranquillement sur mon tee-shirt de Morat-Fribourg 2010 avec les 4 épingles. Je suis assise sur le bord du mur face au lac, plein soleil. Je scrute les athlètes, des pointures déjà rencontrées sur le derby des Bois et sur le tour de Presinge, ils courotent sur les côtés ; certains sont déjà aux taquets. Un peu de peur pour moi dis-donc…

Puis l’attente jusqu’à 11h15. Attente rythmée par 2 arrêts toilettes des vestiaires des Bains des Pâquis et déjà surnommée « encore m’dam pipi » par les 2 dames bénévoles. Attente rythmée par le départ des écolier(e)s et poussin(e)s à 10h et 10h30. Je suis assise sur un banc près de l’arrivée à côté d’une dame bénévole qui fait déplacer les touristes. Nous discutons, je la retrouverais à mon arrivée, frappant dans les mains à mon passage avec un énorme « bravo ». Puis, après encore un nouvel bref arrêt toilette, je me suis plongée dans mon univers avec mes écouteurs de mon i phone, la liste présélectionnée de chansons entraînantes et motivantes.

Me voilà rapidement prise dans la foule des coureurs venus se mettre sur la ligne de départ et les 15 minutes préliminaires se passent en vitesse accélérée. C’est parti, les dernières 30 secondes défilent et clac en 10 secondes me voilà propulsée dans la horde des athlètes. En quelques mètres, je suis distancée et je me retrouve au premier kilomètre dans les 50 derniers de ce troupeau de 161 coureurs et coureuses.

Je longe la perle du lac, puis le jardin botanique et après une petite boucle annexée, me voilà rapidement dans la montée de Prégny. Le souffle suit, mais les foulées se rapetissent, un bout de bitume et je commence le petit chemin en virage dans les bois ; les jambes sont lourdes et clac, je marche. Je dépasse des coureurs au rythme léger, en marchant et en appuyant mes mains sur mes cuisses. Heureusement, Yannick Noah m’accompagne et je rigole en écoutant « ca nous regarde ».

Un compagnon de course va me rejoindre et nous allons avancer, nous dépasser et nous désaltérer au ravitaillement au bout de cette côte où nous zigzaguons parmi les magnifiques villas intouchables !!

Yes le panneau 6kms est là, bien présent et je réalise que je n’ai fait que la moitié du parcours mais le plus dur ! La descente sur Chambésy détend que moyennement mes jambes et mes doigts gonflés prennent l’air. J’allonge tout de même les foulées au rythme endiablé d’U2 !! » et des bénévoles m’encouragent. D’ailleurs chapeau et merci !

Le long bout qui suit l’autoroute ne me satisfait pas côté revêtement car les petits cailloux s’entrechoquent et j’ai un peu de peine à augmenter la cadence. Mon acolyte est toujours devant moi, il m’a redépassé au kilomètre 8. je l’ai en point de mire, à 20 mètres devant moi j’adore !

Et puis comme un coup de massue, dans le virage des 9kms qui suit la fin de la semi-autoroute arrivant dans Genève  un coup de mur, oui le fameux mur !! » des foulées dignes d’un marcheur novice, une catastrophe ! Mais un bénévole connu au nom de Hans (mon président de notre jardin familial) me lance un coucou avec une superbe remarque « de dieu, c’est dur, hein ? » Tu m’étonnes, à qui le dis-tu !!!! Ses paroles me ravigotent et je me dis que je ne dois rien lâcher, et surtout pas lâcher maintenant ! Je passe donc sous la route et les 3 kilom ainsi qu’une montée de turbo s’offrent à moi pour le reste de la course.

L’homme au tee-shirt bleu m’a définitivement laissé seule, mais au bout de la ligne droite, je vois une coureuse en tee-shirt vert que j’avais suivie du départ jusqu’à la montée, en me disant que son rythme me convenait. Elle m’avait littéralement abandonnée dans la montée et là, je la retrouvais 50 mètres devant moi dans le dernier kilomètre. J’étais fière !!

Toujours en louvoyant entre les touristes prenant des photos et les habitués du bord du lac, surtout avec la chaleur naissante, le bord du quai et le château gonflable « arrivée » me tendaient les bras. L’animateur annonce le dossard 45 au nom de Carole qui « oui arrive en dessous des 1h30 pas mal dit-il et félicitations ». S’il savait que je cours que depuis 1 mois et que c’est ma troisième course mais ma première en 12,4 kilomètres. Challenge accompli ! Je n’arrive ni dernière, ni après les 1h30 fixées, génial je suis méga fière de moi.

Je me réjouis déjà en prenant mon cadeau souvenir de savoir combien je serais dans le classement des 70000 participants du monde, dans des villes européennes certes, mais aussi à mexico ou Beyrouth.

Je retourne voir mes fidèles supportrices aux vestiaires ; elles m’ont chaleureusement gardé ma banane avec mes sous et me taquinent car en partant je leur avais dit : «  à dans 1h30 » et j’y suis arrivée. De plus, les 3 touristes rencontrés à 9h30 qui m’avaient demandé quelle course il y avait, me reconnaissent et me demandent mon temps et mes impressions, quel plaisir.

Je suis remontée tranquillement, détendue,  avec mon tram 14 aux Avanchets, le tee-shirt de la Vivicitta 2011 sur les épaules, toute en sueur et heureuse !

Carole

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18 juin 2011

Une sacrée leçon de courage

Il faut toujours connaître les limite du possible.

Pas pour s'arrêter, mais pour tenter l'impossible

dans les meilleures conditions.

 

Connaissez-vous Marc HERREMANS ?

Marc Herremans, né en 1973, rêvait de gagner un jour l'IronMan d'Hawai, le plus dur de la planète. Dès l'adolescence, il s'entraînait avec détermination. Il arrêta l'école à 18 ans pour devenir bûcheron avant de s'envoler dans l'armée et d'intégrer les « Storm Commandos », unité d’élite de l’armée Belge.

Il enchaîna les compétitions belges et les titres, se forgeant une réputation de véritable « Homme de Fer ». En 2001, il participe pour la première fois à l’Ironman d’Hawaï, terminant l’épreuve à la 6ème place. Il était alors l’un des plus jeunes triathlètes à entrer dans le Top 10 de l’épreuve à l’époque.

Le 28 Janvier 2002, lors d'un entrainement à Lanzarote, il chute à vélo. L’hopital, le diagnostic, l’incrédulité et le désespoir. La 5ème et la 6ème vertèbre sont brisées, la moëlle est sectionnée.  Marc voit s'envoler tout espoir d’Ironman ou d’autres Triathlon. L’objectif de toute sa vie est définitivement derrière lui, le laissant brisé et perdu.

Je vous laisse découvrir la suite tellement incroyable et courageuse de Marc, avec la vidéo qui suit. Il s'agit d'un reportage qui a été diffusé dans l'émission de Stade 2.


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25 avril 2011

Le Marathon de Paris de Lydie

Le défi de faire un marathon me trottait dans ma tête (année de mes 50 ans !...fin d'année ...lol ) mais le déclic fut d'avoir gagné une place lors d'un jeu concours (merci à la revue jogging international ! ) et me voilà, lancée dans l'aventure !!!

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La pratique régulière de la course à pied est récente : septembre 2010 avec mon fils, histoire de faire un sport dans une association. Bien sûr, j'ai toujours fait du sport mais de façon irrégulière en fonction du travail et des aléas des mutations à l'étranger. C'était surtout du vélo, VTT, rando, raquette et ski de fond ainsi que de la marche nordique.

Le coach du club a donc programmé un entrainement sur 3 mois avec 4 sorties par semaine, dont une séance longue. Le plus dur est de s'astreindre au programme surtout en hiver (janvier à mars) avec le froid et la neige . Il faut vraiment être motivée ! A cela, j'ai associé une excellente hygiène de vie (nourriture adaptée, sommeil, etc).

Un conseil : Ecouter son corps lorsqu'on a mal et ne pas hésiter à annuler une séance voir s'arrêter une semaine (j'ai toujours eu des soucis de tendons vu que j'ai déjà fait une rupture du tendon d'Achille). Avoir confiance en soit, surtout si on s'est bien préparé, est important ! La preuve, dans notre assosciation, notre "ancien de 71 ans" a préparé en même temps que moi le marathon de Paris. Super défi qu'il a fini en 05h09 et belle leçon de courage et de jeunesse !

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Lorsqu'on est dans le sas de départ, l'anxiété mais aussi le bonheur d'être parmi les autres sont des supers sensations !  L'envie d'en découdre est pressante ! Lambiance festive, la foule, les animations, les spectateurs nous portent pendant tout le parcours. Je pense que pour un 1er marathon, il faut choisir un grand marathon car on ne se sent pas seule. Du monde devant mais aussi plein de monde derrière nous . C'est motivant, on se sent portée ! Je ne regrette pas du tout, je n'ai pas eu le fameux mur du 30 km, pas de crampes non plus. De la fatigue musculaire, OUI mais pas de gros bobos, pas d'ampoules (merci à la crème NOK anti-frottement appliquée pendant un mois). Le moral était au beau fixe ! J'ai terminé mon premier marathon en 4h33.

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Un beau souvenir désormais mais peut-être aussi le défi d'un autre marathon l'année prochaine ! Et oui, cela trotte au fond de ma tête ! Maintenant repos et reprise du sport très cool. Sorties en vélo de course cette semaine et pour la course à pied, j'attendrai de me remettre de tous ces micro-traumatismes qu'on ne sent pas et la fatigue qui atteint son sommet entre la 2 et 3eme semaine après la course. Avant cela, on est encore sur l'euphorie d'avoir réussi son défi !


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J'arrête là pour aujourd'hui car j'ai plein de choses à dire, des conseils des anciens qui m'ont bien aidé dans la préparation et la gestion de la course. Bon weekend de Pâques !

Sportivement,
Lydie

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09 février 2011

Portrait d'un coureur motivé : Pierre-Marc GIAO

Internet permet des rencontres virtuelles très riches. Hier soir, j'ai lu un parcours remarquable d'un homme qui ne pensait certainement pas qu'il deviendrait un mordu de la course à pied ! Parce que son expérience m'a touchée et parce que sa volonté est contagieuse, je lui ai demandé la permission de reprendre son texte pour le partager avec vous. Je suis très très fière de vous offrir aujourd'hui le portait de Pierre-Marc GIAO.

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Je suis né à Paris XVIIème en 1970 et hormis le judo et le piano dans ma jeunesse, je n’ai jamais été un grand sportif. A l’école j’étais toujours le dernier à être choisi quand on constituait les équipes de foot et de handball pendant l’EPS.

Dans la famille c’est plutôt mon frère Bao le coureur de fond. Je l’ai accompagné en spectateur quand il a terminé ses premiers 20 km et son premier marathon de Paris en 3h44. Les 42.195 km pour moi, j’étais d’accord pour les faire mais dans une prochaine vie.

J’adore la bonne chère et à trente ans mon métier de consultant et artiste de l’ERP m’a facilité la voie vers le surpoids avec un bon 85 kilos pour 1m69 et demi. Avoir arrêté toute activité sportive et profité des bons restaurants qui accompagnent les déplacements professionnels, j’ai rapidement paru dix ans de plus avec des poignées d’amour qui sont si rassurantes et des grosses lunettes qui s’enfonçaient dans les joues.

Dix ans sans pratiquer aucun sport c’est fatal, j’ai donc décidé de suivre mon frère une fois à l’entrainement et habillé d’un gros survêtement qui me servait également de pyjama, je m’élançais à ses côtés, tout fier de courir avec lui. Rapidement, j’ai senti la réalité rattraper mon entrain. Mes jambes étaient lourdes et je commençais à suer comme un bœuf, devant moi un homme marchait avec son fils de quatre ans et j’avais du mal à les dépasser. Je décidais alors de faire demi-tour vers la maison quand mon frère me lança un terrible mais non moins réaliste : « Mais … cela ne fait que cinq minutes que nous sommes partis, frérot ! »

Bien après cette mésaventure, j’ai commencé à m’entrainer en 2002 à Genève où j’effectuais une mission pour un équipementier de l’industrie ferroviaire. Je courrais deux fois par semaine vingt minutes et j’étais fier d’être le sportif de l’équipe.

En augmentant progressivement les séances, j’ai pu terminer ma première course officielle, les 20 km de Paris le 17 octobre 2004 aux côtés de mon frérot et nous avions fait tous les deux 1h56m09s. Je n’étais pas peu fier d’avoir fait moins de deux heures. Quelques années plus tard, je finissais mon premier marathon avec Jean-Noël mon compagnon de footing du dimanche, c’était à Paris en 2009 en 5h03 pour lequel j’eus même un article dans le journal de mon entreprise édité tout de même à 9.000 exemplaires.

Je commençais à emmagasiner les kilomètres mais mon souci principal était la vitesse de base. En effet, courant depuis cinq ans à la même allure quelle que soit la distance, je n’arrivais pas à dépasser les 10,5 km/h de moyenne. J’étais devenu un bon moteur diesel mais sans aucun moyen de réaliser des performances.

Tout a changé lorsque j’ai croisé sur une mission à Courtenay dans le Loiret la route d’un triathlète qui est devenu mon coach et ami, Waldy C. En quatre mois, il m’a appris à structurer mon entrainement, mon alimentation et mes sorties. Je fais dorénavant autant de travail qualitatif que quantitatif. Il m’a fait faire des accélérations en côtes, du Run and Bike, du fractionné court et long, des éducatifs pour apprendre à avoir plus de légèreté dans ma foulée, en bref il a fait de moi un nouveau runner et je lui en suis très reconnaissant.

Les résultats ne se sont pas faits attendre, au semi je suis passé de 1h58 à 1h53, aux 20 km j’ai gagné dix minutes et aux 10 km, je suis passé de 52-55 minutes à 49 minutes. Nous ne courrons malheureusement plus ensemble mais je poursuis la voie de mes efforts avec le Nike Running Club Paris que j’ai rejoint fin décembre 2010 grâce à mon ami Quadra94 qui est un adepte de la marque au célèbre Swoosh de la tête aux pieds.

Avant je courrais pour pouvoir manger tout ce que je voulais, aujourd’hui je surveille constamment mon alimentation pour perdre du poids et courir plus vite. Je privilégie les séances de course rapide avec les excellents entraineurs du Nike Running Club et les fruits de leur enseignement ont porté puisque dès ma première course j’ai signé un 45m09s aux 10 km du 14ème.

Le meilleur reste à venir, je suis inscrit pour 2011 sur quinze courses officielles dont trois marathons (Paris, Annecy, Nice-Cannes) et deux ultras (L’Eco-Trail de Paris 80 km et Millau 100 km).

L’ambiance est excellente au sein du NRCP et j’ai plaisir à me lever tôt pour retrouver tous les sympathiques runners du dimanche qui n’ont comme moi que l’envie simple de partager leur passion pour la course à pied.

J’ai un blog http://www.giao.fr où je raconte un peu tout cela depuis 2006. Longue vie à celui de Jean-Pierre que vous retrouverez ici : http://runreporterrun.wordpress.com/

"crédits photo" : Sandrine Redcent

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06 février 2011

Bénévole, mon ami

merci_coeur

Ils se sont levés de bonne heure, comme toi.
Se sont rendus sur la course, comme toi.
Mais eux n'auront pas aujourd'hui le plaisir de courir.

En revanche, ils t'offriront une bouteille d'eau,
un quartier d'orange, un morceau de banane.

Ils te tendront une éponge, t'accrocheront une médaille autour du cou.
Te couvriront les épaules d'une couverture en alu
et te souriront en te disant bravo.

Alors respect et merci à vous les bénévoles.

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31 octobre 2010

Gilles nous raconte son Marathon d'Athènes

Bravoooooooo Gilles, tu es entré dans la légende des Marathoniens.

C'est avec un immense plaisir que je te cède le clavier pour tout nous raconter :

Mon 1er Marathon : ATHENES – 31 Octobre 2010

Après un an et 1 mois de course à pied, j’ai eu l’agréable surprise de trouver dans ma boite mail une proposition de mon CE pour aller courir le mythique marathon d’Athènes. D’autant plus mythique que ce dernier « le 28e » coincidait avec le 2500e anniversaire de la bataille antique qui a vu la victoire de la démocratie athénienne sur les Perses.

Rappelant la légende du soldat Phidippides qui avait parcouru 42 km en courant, en 490 avant notre ère, entre la bourgade de Marathon et Athènes pour annoncer à ses compatriotes la victoire des Grecs avant de rendre l'âme, le président de l'organisme national du Tourisme grec Nicolas Kanelopoulos note que "la plupart des gens ne connaissent pas l'origine du Marathon". "La bataille était un symbole de la victoire de la démocratie athénienne à l'époque contre le totalitarisme", poursuit-il.

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Me concernant et pour revenir un petit en arrière, mon entrainement a consisté durant cette année 2010 à environ 3 sorties par semaine, et un entrainement spécifique de 12 semaines que j’ai adapté quelque peu en fonction de mes disponibilités et de mes possibilités. J’ai alterné entre 3 et 4 sorties, des séances courtes en semaine, longues le week-end et 10 courses officielles ( 10km, 15km, semi et courses natures) et ce depuis février 2010. Pour information, je n’ai pas de passé de grand sportif et je n’avais pas chaussé de chaussures de running depuis quelques années. Et puis, j'ai récupéré mon maillot Marateam et quelques conseils chez Miss Championne Agnès Hervé, mon sponsor Team Outdoor et aussi mon magasin préféré de running.

Enfin, le grand jour est arrivé... Ce fameux dimanche 31 octobre 2010. Me voilà donc sur le sol grec deux jours avant le marathon, histoire de prendre la température et de faire connaissance avec le sympathique groupe de runner à bord. L’hôtel est situé non loin du village installé derrière le parlement grec et la place Syntagma. Je m’attendais, vu le tableau dressé par certains, que j’allais me retrouver au milieu d’une ville ultra poluée genre Pekin... Et bien, à ma grande surprise rien de tout cela. J’ai trouvé cette ville magnifique avec des petits restaurants sympathiques, des petites ruelles, et une ville bien plus propre que Paris. Un ciel bleu et des Athéniens accueillants (surtout les Athèniennes.. lol...). Pour revenir à nos moutons, nous nous rendons dans l’après midi du vendredi directement au Záppeion, immeuble imposant utilisé aujourd´hui comme un centre de conférences et d´expos, tant publiques que privées afin de récupérer nos dossards. Idem, organisation parfaite ou dans l’enveloppe du coureur je trouve la puce, le dossard 4362, épingles et de la doc sur le marathon. Nous avons également un beau sac de coureur avec gourde, t. shirt technique Adidas bleu (yes !) et le sac vestiaire. Bref tout va bien !

Avance rapide jusqu’à dimanche mais la veille tout de même pasta party à l’hotel où je fais attention à ce que je bois et ce que mange. Dans la foulée, préparation de la tenue et ce n’est d’ailleurs pas le moment d’oublier quelque chose car le réveil est prévu à 04h30 et attention au changement d’heure ! Nous quittons donc l’hotel vers 05h30 après une photo de groupe (que je n’ai pas encore) et nous prenons le bus non loin du parlement. L’effervescence est à son comble. Les Grecs s’activent à tout bien faire. Je dois dire que c’est parfait. Nous voilà dans un superbe bus en moins de 2 minutes.
Trois lieux de ramassages sont prévus, je crois. Ce sont 12500 coureurs dont 9500 du monde entier (88 nations) qu'il faut gérer. Nous empruntons la route que nous allons parcourir dans quelques heures et là, ça rigole moins dans le bus... C’est que "c’est loin d’être roulant" comme on dit dans le jargon.

Pfff...ça va dur ... Tout le monde hallucine car ce n’est pas juste du faux plat. Ce sont des grandes portions de côtes longues et bitumées tout du long. Ahhhh ce n’est pas le 10km des foulées de Vincennes ! Le paysage défile, ce n’est pas spécialement génial mais qu'importe, l’ambiance sera là. En effet, cela ressemble plus à de la route «voie express» pour semi avec des stations essences. L’image du berger grec en prends un coup . Pas grave.  Je le savais, le paysage ne correspondait pas à la carte touristique avec des petites maisons blanches et du ciel bleu. Pourtant si... le ciel bleu, nous l’avons. Et ça ,c’est c’est plutôt une bonne nouvelle. Le jour se lève doucement. Nous arrivons à Marathon environ 40 minutes plus tard. Il fait encore frais et déjà un paquet de runners sont là. C’est carrément impressionnant. Tous ces coureurs du monde entier pour la même communion. C’est assez émouvant.

En attendant de rejoindre le sas Bleu, je me prépare et dépose mon sac vestaire dans le camion de la DB (les chemins de fer Allemands). Le départ est donné juste à côté du stade de Marathon, modeste bourgade mais o combien symbolique. Mon regard se promène au milieu des coureurs, c’est magique ! Certains sont aux couleurs de leur pays, il y en a une qui s’étire avec le drapeau chinois sur le dos, un autre avec des tatouages du drapeau australien sur les joues. Un autre avec la photo d’un proche atteint du cancer de la peau, la vache c’est poignant tout cela. Tous les âges aussi sont présents. Des sourires aussi. Tout le monde mesure que ces moments sont magiques. Là, par terre, sur une banderolle des asiatiques signent tous un petit mot. Des Japonais sont déguisés en dieux Grecs. De grosses délégations comme pour les hollandais les Danois, les Allemands. Côté frenchy c’est plus light : Sportif a bord, Endurance shop, Vo2 max. Certainement d’autres et moi pour Team Outdoor mais je suis en Salomon pour ce Marathon.

J’avais bien fait de prendre mes manchons car c’est frisquet this morning. Sinon, short-cuissard et maillot super léger avec ZIP qui permet d’aérer. Je ne regrette pas ma tenue car aucun frottement et pas de surchauffe. Côté shoes, mes Mizuno Inspire que j’adore et mon polar et mon Garmin porte bonheur pour garder le tracé GPS. Pas de ceinture cardio, juste l’accéléromertre pour mon allure. Et puis, j’avais trouvé dans un magasin de souvenir, à Athènes, un petit drapeau français que j’avais fixé avec des épingles sur mon short. La charmante vendeuse m’avait trouvé aussi un tatouage à l’eau que j’ai fixé sur mon bras. Dernière chose, mon petit drapeau grec que je vais tenir à la main jusqu’au bout.

Après ces précisions techniques, direction le sas. Il est temps. La tension monte et l’organisation est au taquet. Run Forrest run . Ca résonne dans ma tête et ça raisonne aussi dans le sas rempli. Je ne retrouve pas mes collegues runner du groupe. Pas grave, j’ai toujours été un grand solitaire. Finalement, je n’attends pas 20 secondes que je me retrouve à échanger quelques mots avec un Californien d’un âge certain et affuté grave (le runner longue distance). Super sympa. Et puis, je discute avec un Allemand de Berlin et puis un Tchèque de Prague. J’explique que c’est mon 1er Marathon et là, je lis dans leur regard que cela est bien courageux pour 1er Marathon. Le Tcheque me dit que le marathon de Prague est sympa à faire.

Le départ est donné par vague, je suis dans le 3ème sas. L’Américain et le Tchèque me serrent chaleureusement la main et me disent : Good Luck ! Comme si j’allais débarquer sur les côtes normandes. Go, le départ est donné. L’hélicoptère tourne au dessus de nous. Voilà que maintenant c’est apocalypse now !

200

Cool, tout le monde m’avait dit cool man. Départ tranquille. C’est pas un 10 km. Alors je déroule tranquille et je suis bien. Même si ça double, je reste bien. Je suis bien en dessous de mon allure habituelle pour laisser le temps à la machine de se caler dans le rythme. Les 5km arrivent. Je prends de l’eau. Tout le monde m’a tellement saoulé avec ça que je prends de l’eau sur tous les ravitos. Je bois peu mais c’est nécessaire. Je pense d’ailleurs à tritri et à ses conseils. Il va faire chaud aussi. Je passe le 5ème kilomètre en 32 minutes. C’est plat, rien de difficile. Je retrouve mon ami Tchèque ! Nous partageons quelques kilomètres ensembles, sympa le gars.

Et puis le 10ème km arrive super vite. Nouveau ravitaillement et je le passe en 1H03, c’est pas mal. Sachant que le plus difficile va arriver dans 2 kilomètres. Là, je tombe sur un Grec, on tape quelques mots et il me dit qu'il faut y aller cool ça va être difficile dans peu de temps. Visiblement, il connait bien le parcours. Car oui, au 12ème km ça commence à grimper. Je gère par trop mal car je tiens une allure de 06:10 – 06:15 au kilomètre. Les jambes sont ok, le souffle super. Rien, je suis en aisance respiratoire comme dirait YoYo. Et puis, je pense à vous tous, à mon fils, à sa mère disparue bien trop tôt, à mes amis, à ma famille, à mon frangin et à son crabe. Et puis, à tous ces spectateurs qui nous encouragent sur le bord de la route. J’agite de temps en temps mon drapeau grec et là, c’est du véritable délire. Ça booste grave.

J’ai droit à une petite branche d’olivier que je vais garder sur presque 25 kilomètres. Et puis, ça monte toujours. Je prends mon gel. C’est fou, je suis tellement bien. Mon regard se perd dans le ciel, dans le regard des gens qui pour eux malgré les graves problèmes économiques de leur pays sont là pour vous à dire "Bravo et epharisto". C’est beau. Le 20 ème kilomètre est passé en 2h14 ce qui pour moi, est bien, vu le dénivelé encaissé.

300

Je passe la barre de l’inconnu au 25ème kilomètre. Je me dis : Voilà, les choses sérieuses débutent. Je passe le 30 ème en 3h28. Pas trop rapide, juste ce qu'il faut pour faire les 12 derniers en négative split. Oui, bah là... j’ai du louper une donnée.... le mur... et quel mur ... Berlin ! Je commence à voir des runners qui souffrent, qui marchent aussi. C’est une ambiance un peu surréaliste. Et là, sans prévenir, mes jambes qui commencent à dire j’ai mal. Et puis, une douleur qui me compresse le haut du corps. Un peu mal en bas du dos aussi. Bref, ça se déglingue de partout. C’est quoi ce truc ? Je ne vais pas marcher tout de même ? J’étais tellement bien il ya une demi-heure. Et oui, je marche... pfff... Je pense à tritri et à sa douleur qu’il faut mettre derrière la tête. Je pense à Agnès qui m’avait dit de penser à ceux que j’aime. Bref, rien à faire.

Je reprends la course en mode footing... et boum, j’ai trop mal ,je dois marcher. Côté pieds, ça va pourtant. La tête dit avance et le corps dit non. Un truc de fou. Alors, j’alterne course et marche. Pitoyable. Je regarde autour de moi et même les combattants grecs déguisés ont du mal à avancer. J’ai l’image d’une petite asiatique qui, appareil photo à la main, semble faire son jogging du dimanche. Elle prend des photos, fait des allers retours. J’hallucine ! Et moi, j’avance plus. Je ressemble à un cheval qui a raté une haie. Je croise des gens qui ne sont vraiment pas bien. Les secours sont là, bien présents, tout du long. Tip top.  Il commence à faire chaud. J'ai soif. J’ai tout le temps soif. Pourquoi ai-je si soif ? J’aimerai bien avoir une explication. Plus je bois, plus j’ai soif.

Je passe la barre des 4h45 de course.. pfff.. et puis le centre d’Athènes est tout proche. Le pire, c’est que ça descend depuis le 32ème kilomètre. Rien de difficile à faire. Juste courir. J’ai trop mal. Mal en marchant et mal en courant. Alors je fais comme beaucoup de monde autour de moi. Je prends mon mal en patience. La foule est déjà plus nombreuse au 40 ème kilomètre avec des arches mais bizarrement aucun kilomètrage d’indiqué !!
Je reprends un peu de force pour les 500 derniers mêtres de course. Je marche encore beaucoup. Le ravito est toujours le bienvenu. Et puis, la dernière descente. L’émotion monte malgré tout. Les gamins me tapent dans la main comme pour me dire : "Allez champion". Dernier virage et voilà le stade qui apparait. Et là je dois dire, c’est le nirvana. J’avais l’impression d’être au JO . La foule en délire. Le stade blindé. La vache, la claque ! Je pénétre sur le stade et je fais tout pour éviter de marcher mais c’est trop dur. Je m’accroche et je relance sur les 20 derniers mètres pour passer l’arche en 5h20.

500

Je me dis : "Je suis Marathonien, je peux mourir en paix". Toute ma vie défile dans ma tête. A ce moment là, je ne sais plus qui je suis, ce que je dois faire et ou je dois aller. Enfin il suffit de marcher. Et là, au bout c’est la médaille. Une superbe médaille.http://www.team-outdoor.fr/fr/notre-team-c-est-vous-,10.html

Mention toute particulière à Sylvie, la Venus de Millau car sans elle, je ne serais pas là à vous raconter mes modestes exploits. Une femme exceptionnelle, une grande championne qui pour moi reste un modèle de volonté, de courage et de compassion. Merci à toi ma championne. Et puis, pour cloturer je dédie mon 1er marathon à mon frère aîné qui se bat chaque jour face à la maladie. Le prochain marathon ? Hum... je pensais à Prague. Bah oui, mon ami Tchèque m'a retrouvé sur Facebook, ce n'est pas  mal internet tout de même !!!

400

Je prends une couverture de survie, cherche un peu pour remettre la chips, prends le petit sac de ravito de fin de course et je me cale assis contre un mur pendant une demi heure. Je savoure. Un français me dit bonjour et on échange quelques phrases. Lui aussi c’est son 1er marathon. Il est arrivé 5 minutes après moi. Mais qu’importe le classement. Je retiendrais les quelques mots d‘une amie runneuse spécialiste des raids :

Tu es le bienvenu dans le grand fond et surtout dans l'immense et bien sympathique, voire chaleureuse, communauté des marathoniens. Sais-tu la différence entre les américains et les français face au marathon ?
Les ricains disent : Did you finish it ? Yeah... you're great ! That's a champion !
Les français disent : T'as fait combien ?
Certains avec une pointe de perversion vont dire : Eh, bon ... et t'es pas déçu ?

Moi je dis : "Tout marathon fini est une victoire" alors bravo champion, à la douche, à la bière et au planning for the next one ! A chacun ses objectifs et, si je peux, pour le prochain marathon non seulement le terminer mais améliorer mon chrono ça sera aussi très bien
.

Je suis Marathonien. Ce n’est pas rien, je l’ai fait !

650

Avant de terminer ce compte rendu, je voudrais tout particulièrement remercier tous les Zamis du forum, ma famille et mes amis. Je ne cite personne pour éviter de louper un nom. Mention toute particulière à Agnès Hervé grande championne (3ème femme à l’UTMB 2010) de Team Outdoor qui avait retenu mon dossier pour ce deuxième Marateam et qui est une sportive extra.

700

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15 octobre 2010

Bonne chances Gilles

Je tiens à écrire ce petit billet à mon ami Gilles,
mon parrain virtuel de motivation !

Gilles prépare son premier marathon qu'il va courir à Athènes, le 31 octobre prochain. Il est en forme, à 2 semaines de ce bel objectif. Je suis très très fière de l'accompagner en pensées tout au long de ces mythiques 42,195 kilomètres ! Toutefois, je préfère lui donner la parole. Gilles vous en dira un peu plus sur ses motivations à suivre le chemin tracé par Phidippidès !

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Alors Gilles, raconte-nous un peu...

Presque 1 an ! Oui, cela fait maintenant presque une année que j'ai débuté la course à pied, puisque c'était fin septembre 2009.

Pour revenir en arrière, il y a quelques années, j'avais commencé à courir un petit peu mais sans vraiment avoir un objectif ou une profonde motivation. Et puis, le temps a passé. J'ai décidé d'arrêter définitivement de fumer et de recommencer à courir. C'était un fameux 2 février 2008. Véridique.! Je dis véridique car cela correspond à un célèbre mariage entre une chanteuse et un chef d’état. Bref, le hasard complet mais c'est aussi très pratique pour me souvenir de la date précise. 

La passion était la plus forte

Une fois ce challenge réussi j'ai donc repris, non pas la cigarette, mais le running après quelques années au niveau zéro sport ou presque. A 45 ans, j'ai allégrement rechaussé mes Asics et j'ai entrepris de façon progressive 3 séances d'entrainement par semaine, depuis la fin de l'été 2008. Quelque soit la météo, j'ai toujours maintenu mes sorties. Au début, ce fût difficile d'affronter le froid et le noir, après une journée de boulot. Mais la passion était plus forte que tout !

Plus le temps passait, plus je ressentais une plénitude jamais atteinte auparavant, que ce soit pendant ou après la séance. Une recherche de soi, un bien-être, un modeste dépassement de mes capacités. Bref, une véritable nouvelle drogue mais largement moins nocive que la cigarette !!! Un point important à préciser, ma balance a rapidement affiché 8 kilos de moins et un taux de cholestérol qui a enchanté mon médecin. 

Les séances les plus dures sont mes préférées

A ce jour, mon plus beau souvenir (hors course) demeure l’hiver dernier où courir dans une neige vierge, au petit matin, dans le bois de Vincennes fut magique. Le monde m'appartenait; je me souviens aussi d'une sortie à 06h45, dans les rues parisiennes sourdes, sous la neige immaculées. Quelque chose de simple, minimaliste mais en même temps très profond. C’est ce côté simple et difficile à la fois qui est fascinant dans la course à pied. Comme le dit aussi si bien Lisel Dissler : "Mes séances préférées sont les plus dures parce qu'elles redonnent une vraie valeur aux petits plaisirs de la vie". C’est tellement vrai ! 

Par la suite, j'ai découvert la course à pied sur le stade, que je n'avais pas foulé depuis le lycée. C'est dire si l'athlétisme et moi étions séparés depuis de longues dates. Par ailleurs, j'avais lu que pour progresser le nom barbare de "fractionner" était quasi indispensable à inclure dans mes séances. Je me suis donc rendu au stade et j'ai commencé mes tours de 400m.

Pas une Ferrari mais une Volvo

Toujours dans une démarche solitaire mais également grâce à un forum bien sympathique, j'ai participé à ma première course le 7 février 2010 : les Foulées de Vincennes. Un parcours de 10km. Je passe très vite sur le côté magique de la 1ère course car sinon c'est 3 pages de compte-rendu que je vais vous rédiger ! J''ai aussitôt enchainé, de façon impulsive, une semaine plus tard le 15km des Foulées Charentonnaises où je terminais en 01h20.

Afin de progresser un peu,  j'ai cherché un club qui s'entrainait justement sur la fameuse piste de 400m et également dans le bois de Vincennes : le Paris Athtlétic. En plus de la pratique de la course, ce club m'a apporté le partage des connaissances, le plaisir de courir à plusieurs et la convivialité.

J''ai continué à enchainer des course de 10km : les Foulées de l'Assurance, les 10km de Planet Jogging et j'ai modestement atteint les moins de 50 minutes sur cette distance. La machine était en route. Pas une Ferrari mais plutôt une Volvo, pour la métaphore !

Ce fût tout naturellement que j'ai visé une distance supérieure et je me suis inscrit, avec mon club, à mon premier semi -marathon nature : La course du Sanglier, à Cerny, soit 21km avec un dénivelé D+350. Une course difficile, différente, car le rythme n'était jamais linéaire. J’étais tellement heureux de la boucler que je crois que c'est, à ce jour, ma plus belle course.

J'avalais de nouvelles courses, en quelques mois...

Moi, qui n'avais jamais porté de dossard de ma vie !

Au fil des mois, j'ai enchaîné à nouveau un 10km, celui du 19ème, et puis un nouveau semi typé trail : Les Foulées du Moulin  que j'ai bouclé en 1h59 et 31 secondes. Une bien belle course aussi. Ensuite, ce fût, la Bandol Classic, les Foulées des Iles. C'est pour vous dire que, mine de rien, j'ai avalé quelques courses en quelques mois, moi qui n’avait jamais porté un dossard de ma vie !

Gilles

Et le premier miracle arriva : Un matin, en ouvrant ma boite mail, j'ai découvert que mon CE organisait un marathon ...pfff... moi qui justement en cherchait un ! Voilà qui tombait bien ! Où et quand ? : Athènes ! Mythique ! Le 31 octobre 2010. C’est décidé, je m’inscris et je commence donc mon entrainement spécifique sur 12 semaines. Mon objectif : Terminer et si possible en moins de 4 heures.

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Et maintenant... j'a le droit de rêver !

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Gilles MASSON

 

Posté par Miss Evidence à 22:44 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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