05 novembre 2011

J'ai couru la Run-to-Run en catégorie relai-mixte

Smiley fee 017.gifMiss Evidence est de retour sur le blog !

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 amis Un rapide retour dans le temps pour vous raconter ma folle course dans les rues de Carouge. Pour une fois, pas de grande distance en voiture pour chausser mes baskets, j'ai participé à une course locale, dans un quartier très sympa de Genève, et dans une catégorie de course-relai-mixte. Il s'agissait en fait d'un parcours de 10 km dans les rues de Carouge, réparti en 4 boucles de 2,5 km. J'avais convenu avec mon mari que je ferai la 1ère boucle, lui la 2ème, moi la 3ème et lui s'élancerait pour le dernier tour.

Plusieurs fois il m'avait prévenu "faut aller à fond" qu'il disait....! scratch 
Euh... mais moi je cours super lentement d'habitude.
Et il insistait ! 
Cela me faisait rire sauf qu'une fois que la course à débuté, je ne riais plus du tout. hein Rhooo la vache, ce n'était pas une plaisanterie alors. Shocked  
Les coureurs se sont élancés comme si ils avaient le feu au c..ok Quelle ambiance, quelle folie contagieuse. Je suis partie comme une folle (j'obéis bien à mon Prince Charmant, vous ne trouvez pas ?). Très vite, je me suis fait dépassée et dépassée et dépassée encore. Mais qu'est-ce que je faisais-là ? Je ne reconnaissais aucune sensation ressemblant à mes entraînements ou précédentes courses. Mes tripes s'agitaient dans tous les sens, la tête ne savait même plus où était le reste du corps. Je crois qu'on peut le dire, je découvrais la violence d'une course en zone rouge.

Très vite je me suis aperçue que je ne tiendrai même pas 2,5 km. J'allais minimum mourir avant ! J'ai donc ralenti après environ 1,6 km. Là non plus, je ne me reconnaissais pas. Il me semblait que j'étais plus lente que jamais en 2 ans de course. La machine déraillait complètement, je ne gérais rien du tout sinon la rage de ne pas lâcher. Je savais que mon mari m'attendait au bout de la première boucle, que je devrai lui remettre la puce (sous forme d'un bracelet transmissible) et qu'il allait à son tour donner le maximum. La simple idée de le freiner trop, d'abandonner le semblant de rythme que j'avais, me donnait de petites ailes bien fragiles.

J'ai enfin vu la ligne droite annonçant la fin de ma première boucle. Impossible d'accélérer. Mes semelles étaient plombées, je pesais au moins 300 kilos à chaque foulée. Et puis, je l'ai vu. Il m'attendait le bras tendu. J'ai levé ma main et je lui ai donné son sésame. Il est parti si vite que je n'ai même pas réussi à lui faire un clin d'oeil. Quant à moi, j'ai sympathisé avec la première barrière venue. On a fait un collé-serré, c'est vite vu, c'était elle ou la pelouse. Je ne tenais plus sur mes pattes. A ce moment, un journaliste d'une télé locale à eu la bonne idée de me demander comment j'allais tout en me filmant. Je n'ose pas imaginer le portrait ! J'ai sorti quelques mots de je ne sais où, certainement plein de bêtises, et j'ai tenté un sourire (bôf bôf il n'a pas du être très séducteur ce rictus !). Le petit coup d'oeil à ma montre m'avait donné un temps de 14 minutes et quelques secondes au premier tour. Ce chiffre ne faisait même pas tilt dans mon cerveau, j'étais vidée.

Soudain j'ai vu un maillot rouge, c'était mon mari. Il avait mis environ 10 minutes pour la 2ème boucle. Je devais repartir, ne pas penser, ne pas compter, juste courir. Va Miss Evidence, cours ! Pffff il n'était pas question de me faire avoir 2x dans ce rythme endiablé qui fait bouillir le sang dans mes veines. J'ai alors cherché une vitesse plus convenable pour mon petit coeur. Je savais que ce n'était pas rapide, tout en étant malgré tout au-dessus de mes habitudes. Il n'y avait plus grand monde autour de moi, j'ai alors apprécié d'avoir ma musique sur les oreilles. Plus je cours, plus je sais que la musique est une alliée pour mon mental. Je me calque alors sur des paroles précieuses, j'efface mes pensées négatives et je donne tout ce que j'ai. Ma 2ème boucle s'est déroulée avec plus d'aisance et même un brin de plaisir. J'ai mis environ 15 minutes pour terminer mon 2ème passage. Un EXPLOIT !!!! En partant moins vite, en gérant mieux mon effort, je n'ai pas perdu beaucoup de temps et c'est ce qui m'a permis de sprinter comme une malade pour remettre la puce à mon mari afin qu'il s'envole pour son dernier tour.

J'ai alors retrouvé 2 de mes 4 enfants et nous sommes allés accueillir mon Prince Charmant sur la ligne d'arrivée. Notre objectif était de tenter de finir en moins de 55 minutes et... nous avons réussi !

 super Course bouclée en 48 minutes et 56 secondes.

J'étais peut-être explosée de fatigue mais tellement HEUREUSE d'avoir osé cette course folle. Je sais que ma préférence actuelle c'est le 10 km (je n'en ai fait que 2 dans ma petite vie de coureuse) mais c'est fort possible que je revienne en 2012 pour re-tenter cette course-relai-mixte !!! Au fait, depuis quelques jour j'envisageais de travailler différement mes entraînements et de faire des séances de fractionnés, là j'en suis convaincue !

Je termine en vous offrant une petite surprise. La télévision locale nous a filmé et ce clin d'oeil en image est encore plus sympa que des mots au bout de mon clavier ! Un simple clic sur le lien et je vous emmène sur ma course !

Posté par Miss Evidence à 19:34 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


28 août 2011

Sierre-Zinal 2011

Il y a des courses qui sont bien plus qu'une course ! Sierre-Zinal est un défi pétillant, une expérience unique, une aventure indescriptible pour des coureurs populaires et aussi novices que moi. Assise devant mon écran, la tête remplie de souvenirs, je ne sais toujours pas comment donner naissance à mes phrases pour vous raconter mon Sierre-Zinal !

Le dimanche 14 août 2011, pour la 38ème édition, ce sont 30 nations qui sont représentées avec 3322 participants ! Des grands champions aux modestes coureurs, un seul parcours, une même distance : 31 km avec un dénivelé qui permet de se frotter à des sensations extrêmes. De la douleur à l'extase, du ras-le-bol à la motivation, de la lenteur de la montée à la folie de la dernière descente, Sierre-Zinal se découvre davantage au bout de ses baskets plutôt qu'au travers d'un récit. Alors ? Serez-vous assez curieux pour prendre le départ en 2012 ? Encore quelques hésitations ? Voilà quelques lignes pour colorer vos rêves :

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Samedi, la veille de la course, notre petite équipe de 5 coureurs (Carole ma voisine, Corine de Bézier, Gille de Paris, Miss Evidence et mon mari) avons pris la route direction Sierre pour retirer nos dossards.

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Le début de l'aventure commence à l'instant où l'on sort de la voiture, une foule d'hommes et de femmes de tout âge déambulent entre les divers stands, je croise quelques visages connus et toujours la même question qui revient : "C'est la première fois que tu viens ?". J'avoue que je suis soulagée de connaître le parcours ! Je sais ce qui m'attend : un doux mélange de retrouvailles avec mon défi préféré et une appréhension légitime qui me renvoie à ma petite condition physique.

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Une fois nos dossards retirés, nous reprenons la route direction Zinal. Comme en 2009, nous optons pour monter une voiture à l'arrivée. Cela nous permet non seulement de laisser un sac avec des vêtements propres mais également de nous garantir un retour plus pratique, après la course.

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C'est avec émotion que je me rends sur la ligne d'arrivée, totalement déserte. J'essaie de me persuader que le lendemain je franchirai cette nouvelle étape pour l'accrocher sur le tableau de mes rêves devenus réalité. Il faut dire que ma blessure au mollet, lors de la course de Thyon-Dixence en 2010, me laisse un goût amer et une sacrée trouille de récidive. Pas question que je me blesse et que je reste éloignée de mes baskets !

Datasport nous offre alors un sacré clin d'oeil pour nous encourager. Rien que pour nous, le chrono est immortalisé sur le temps record  de la course de Sierre-Zinal ! Waouwwww !!! Sensations garanties et profond respect surtout que je sais qu'en 2009 j'ai mis 07h27'08 pour franchir la ligne d'arrivée.

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Après une courte nuit de sommeil, le réveil nous sort du lit à 02h45. C'est fou comme au milieu de la nuit on se sent prêt à dévorer une montagne ! Un appétit d'ogre à l'heure où les autres dorment encore ! L'excitation monte alors en flèche dès le premier pied posé au sol. En enfilant mes vêtements de course, préparés méticuleusement la veille, je rentre dans mon aventure. Cette fois, tu y es Miss Evidence ! Tu ne rêves plus, tu as réellement rendez-vous avec ton défi ! Après un rapide petit-déjeuner, nous rejoignons les autres coureurs sur le départ.

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Ca y est, il est 05h00, le départ est donné. La foule profite du bitume pour courir sur les 700m qui précédent le sentier qui nous attend. C'est là que la fameuse montée débute. C'est parti pour 12 km difficiles avec 1500m de dénivelé. Courir est alors impossible, nous sommes trop nombreux mais surtout... c'est tellement raide ! Le chemin se fait plus étroit, les pierres sont nombreuses, les muscles des cuisses et des mollets sont tendus et ne comprenent pas cette douloureuse solicitation, le souffle est court, bienvenue dans la terrible montée sur Chandolin !

Gilles et Corine sont devant moi mais j'ignore quelle distance nous sépare. J'ai perdu Carole, nous étions pourtant ensemble au départ. J'ai très vite chaud. Ma lampe frontale m'est précieuse durant la première heure, j'évite ainsi de me tordre une cheville sur les nombreux gros cailloux. J'ai eu la mauvaise surprise de perdre mon élastique à cheveux avant le départ. Ma nuque est en sueur et je déteste cette sensation. Je profite alors de la lanière de la frontale pour relever mes mêches dans un style absolument pas conventionel mais tellemement plus aéré  ! Je grimpe, pas à pas, lentement, mes yeux se fixent sur les mollets qui me précédent pour ne pas penser, ne pas réfléchir. La montée est longue, ne surtout pas se laisser emporter par des pensées négatives, je sais que je vais en baver durant environ 3h20.

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En 2009, j'ai mis 3h18'51 pour relier Sierre à Chandolin. Ces maudits 12 km sont vraiment l'étape la plus pénible du parcours. Il fait nuit, le chemin est étroit, on monte lentement, on ne voit plus la fin, on marche silencieusement pour économiser nos forces et notre souffle et puis... à un moment, je sens une vague de découragement. Je me demande ce que je fais là, le sentiment que quelque chose ne va pas, je ne sens plus capable ni à la hauteur de cette course et ça fait mal à mon égo. La solitude m'envahit, contrairement à 2009 où mon mari marchait à mes côtés, je suis seule. Carole me manque terriblement, marcher avec elle m'aurait dopé. Ne pas savoir si tout va bien pour elle me préoccupe aussi. La tête me tourne, j'ai chaud, j'ai un sacré coup de mou et je m'arrête. Une fois, et deux et trois. C'est difficile à accepter pourtant je n'ai pas le choix. Je tente de ralentir mais comme je marche lentement en raison du fort dénivelé, il devient tout simplement impossible de marcher moins vite ! J'avoue : j'en bave et le mot est gentil.

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Ce qui va me permettre de ne pas lâcher, c'est de m'accrocher à mon désir de voir le jour se lever complètement, c'est l'envie folle de quitter la forêt pour atteindre Ponchette à 1870m d'altitude. Chandolin est encore loin mais au moins je verrai le bleu du ciel et les montagnes qui nous entourent. Je pense  à tout ceux qui ne connaissent pas le parcours, à Gilles et Corine. Ils doivent certainement s'impatienter de rejoindre un tronçon moins pentu. Oui, c'est long, difficile et douloureux de monter durant autant d'heures...

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J'entends un cor des Alpes. Une mélodie lointaine qui me laisse penser que son propriétaire se trouve à Chandolin. Je m'accroche à ses notes qui s'envolent entre les montagnes, elles remplissent mes pensées et chassent mon découragement. Comme une voix qui m'encourage à chaque pas, ce cor des Alpes me donne de petites ailes de courage. Allez Miss Evidence, tu peux le faire !

Alors qu'un premier tronçon plus ou moins plat se dessine devant mes yeux, je décide de courir. Violente réaction des jambes qui refusent catégoriquement cet effort supplémentaire. C'est peut-être cela la définition de Sierre-Zinal, pour un petit coureur : "La tête est d'accord, les jambes refusent". La montée laisse des traces sur tout le corps, elle est tellement cassante que la suite de la course est un rendez-vous avec des sensations contradictoires. L'envie de courir c'est aussi le désir de détendre sa musculature, de lui permettre de relâcher ses tensions. Autour de moi, quelques personnes essayent de courir avec la même réalité. On court 200m. et on marche, on reprend sur 200m. et retour à la marche. Impossible de pousser la machine ! J'écoute toujours ce cor des Alpes qui me semble plus proche et puis, après un virage, je peux mettre un visage sur cette douce mélodie. Je quitte à regret ce musicien des montagnes en le remerçiant sincèrement. Il l'ignore certainement mais il est mon phare dans la douleur.

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Enfin, j'arrive à Chandolin ! C'est le moment parce que j'ai un besoin pressant. Je me souviens qu'après le premier bâtiment, il y a des toilettes publiques. Je m'offre le luxe de quitter le parcours pour un brin de confort. Apparremment, je ne suis pas la seule à connaître ce petit coin ! Je retrouve quelques coureurs qui font la queue. Qu'importe le temps, je sais que ma condition physique ne me permet pas d'espérer des records ! Je viens pour le plaisir de participer à cette course mythique, j'aime cette parenthèse dans l'année où je sais que je vais repousser sans cesse mes limites mentales pour ne pas flancher complètement.

Je reprends ma course, un brin plus légère et soudain, mes sages paroles écrites ci-dessus s'envolent. Je franchis le contrôle de Chandolin en 3h28'54. Comme un voyant rouge, je compare mon temps de 2009 qui était alors de 3h18'51 et mon cerveau se perd dans des pensées négatives. Si j'ai 10 minutes de retard sur 2009, il est certain que je franchirai la ligne d'arrivée en plus de 7h27 (mon temps final de 2009). Cette nouvelle, je la prends comme une gifle. Au fond de moi, j'ai tout de même un petit objectif. Rien d'énorme et d'impossible, juste une raison de me battre et d'avancer : Ne pas mettre plus de temps qu'il y a 2 ans.

Je sais que je dois courir et même beaucoup pour rattraper ce retard. Je sais aussi que j'ai intérêt à ne pas courir trop tôt, sous peine de m'épuiser complètement et bien avant l'arrivée. Une fois encore, je suis heureuse de connaître le parcours. Me préserver devient ma priorité sans abandonner le projet de courir sérieusement dans la 2ème partie, soit après le Weisshorn. A peine Chandolin derrière moi, je rattrappe Gilles et Corine. Nous courons un petit moment ensemble avec chaque fois des pauses de marche dès que cela monte. Ce ne sont plus des grandes montées, juste des petits coups grimpants dans les pattes qui cassent notre allure. C'est avec eux que j'atteins Tignousa et un nouveau concert de cor des Alpes. J'en profite pour remercier sincèrement ces messieurs. Leur prestation musicale a quelque chose d'extraordinaire alors que nous sommes en montagne, loin de tout.

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La prochaine étape est le Weisshorn. Je me sens bien, je retrouve un peu de force. J'ose laisser mes jambes prendre leur rythme. Rien de bien spectaculaire mais je m'en moque, mon plaisir est de courir, de me sentir libre et vivante. Je laisse Gilles et Corine derrière moi et j'évite de trop regarder l'Hôtel du Weisshorn. Bien que proche de mes yeux, il est encore bien loin !

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Ca y est, les 20 premiers kilomètres sont derrière moi ! Je passe le Weisshorn en 5h17'08 ( 5h07'50 en 2009) et j'ai toujours mes fameuses 10 minutes de retard. Il me reste donc 11 km pour dérouler un maximum. J'aime particulièrement cette dernière étape, elle vient comme un tapis plus adapté pour accueillir mes foulées pourtant fatiguées. Je patiente encore un petit kilomètre qui monte et... et... un petit ange coise soudainement mon chemin.

photo-2556998-L- " Allez, on y va ? Tu cours avec moi ?"

Qui est cette inconnue qui m'invite à courir avec elle ? Aucune idée ! C'est d'ailleurs une question que je ne me pose même pas. Son invitation spontanée à m'accrocher à ses pas est encore plus chaleureuse que si elle donne la main. Je ressens son enthousiasme, son envie de tout donner, sa force qui lui permet de courir alors que je peine de plus en plus. Ce petit ange tombe à pic pour me booster. Je croche comme je le peux dans ses foulées. Parfois je ralentis et je m'arrête. A chaque fois, mon petit ange m'attend et m'encourage pour relancer mes jambes. Ces petits mots diffusés avec sagesse et sans aucune pression m'accompagnent et permettent à mon esprit de positiver un maximum. Je la suis comme on suit une lumière dans la nuit. Le petit ange se rèvèle un lièvre extraordinaire pourtant, c'est sa première participation à Sierre-Zinal et si je me souviens bien, cela ne fait pas longtemps qu'elle s'est mise à la course à pied.

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Mon regard s'échappe plusieurs fois sur ma montre. Soudain, le folle idée qu'il existe une infime petite possibilité d'arriver avant les 7h27 me donne une énergie phénoménale. Comme le dit mon petit ange, on court en négative split (courir plus vite la deuxième partie que la première sur une course). J'ignore comment mes jambes acceptent une telle exigence, je crois que c'est la tête qui dirige mes pattes ! Je cours et soudain la redoutable descente me rappelle que même si l'arrivée est proche, il y a encore une douloureuse étape à franchir.

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(photo Jean Marguelisch)

Mon petit ange se fait surprendre par une vive douleur au mollet. Cette fois, c'est moi qui m'arrête pour l'attendre. Je suis déchirée entre continuer et terminer ma course dans un temps meilleur qu'en 2009 où rester à ses cotés. Je découvre  une décision presque plus douloureuse que la descente. Allez, je motive mon lièvre, on repart toutes les deux et je me retourne plusieurs fois pour voir si elle me suit. Son mollet doit lui faire bien mal parce qu'elle ralentit. Je décide de l'attendre et lorsque nous sommes toutes les deux l'une à côté de l'autre, je pose ma main sur son bras en lui fais une promesse :

- "Si j'arrive avant toi à l'arrivée, je t'attends et on se prend en photo toutes les deux !"

Elle me  sourit et me répond : "OK !"

Mes jambes ont compris le message. Voilà que je cours comme une folle, je dévale la pente, je saute d'une pierre à l'autre, je rattrape une cheville qui vrille, je fais totalement confiance à mes chaussures de trail qui adhèrent parfaitement au terrain instable. La seule pensée qui me vient à l'esprit est qu'hormis une chute, il ne peut rien m'arriver ! Après des heures de difficulté, j'ai le sentiment de me vider de tout, de laisser aller ce qui me reste, de ne plus rien devoir gérer. Je cours et mes jambes se débattent comme des chevaux en furie. J'entends l'arrivée, elle a le son particulier de la foule et de la musique avec une voix dans un micro qui commente le spectacle.

Quel spectacle ! Je suis un pantin désarticulé qui danse comme un canard boiteux ! Qu'importe l'apparence, je suis ivre de bonheur, la fin est proche et la délivrance m'enflamme. Je quitte le sentier de terre pour poser mon pied sur le bitume. Aie... ça arrache... Je lâche un cri de douleur. Il doit me rester environ 400 mètres, une véritable torture. Je ne me reconnais pas, je respire mal, la tête me tourne. La route sur laquelle je cours ne me porte plus, c'est fini de se laisser aller par le rythme de la descente. Je n'ai pas d'autre choix que de mettre un dernier élan dans mes pattes, c'est cela qui me fait si mal. Je sens des larmes qui coulent, impossible de les retenir, mes nerfs lâchent. Je sens qu'on me regarde et je déteste cela. On m'encourage avec gentillesse et je m'accroche à ces mots d'inconnus. Ils me portent alors que je suis à deux doigts de m'effondrer. Cette foule incroyable qui m'accompagne me bouleverse et mes larmes coulent encore plus ! Une inconnue me prend par la main et m'aide à atteindre les derniers mètres, je n'ai même pas la force de la remercier. Soudain, je la passe cette arrivée finale. C'est fait ! J'ai réussi ! Toutes mes forces me quittent d'un coup et je sens que je vais tomber. Je cherche un appui et m'effondre sur le fourgon de Datasport. Lorsque je réalise que ce n'est pas une salle d'attente (!) je me ressaisis et cherche une barrière qui peut me servir de pilier.  

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Une fois mon souffle retrouvé, ma première pensée va pour mon petit ange. Où est-elle ? Je me redresse et la cherche du regard. Elle arrive ! Elle est là ! Je ressens une émotion très vive en l'accueillant de l'autre côté de l'arrivée. Son visage est aussi heureux que le mien, même si les traits sont tirés, nos yeux pétillent de bonheur. Je lui demande enfin son prénom et peux lui dire : Bravo et merci Françoise !

Comme promis au début de la descente, nous immortalisons notre arrivée par une photo souvenir.

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Voici en vidéo ce qu'il reste de moi, à l'arrivée !!!

J'ai décroché le ciel en relevant mon défi de faire mieux qu'en 2009 !

Sierre-Zinal 2011 en 07h27'01 soit 7 secondes de moins !

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Posté par Miss Evidence à 16:31 - - Commentaires [20] - Rétroliens [0]
10 avril 2011

Course des Ponts 2011

Ce matin, dès mon réveil je suis accueillie par un superbe ciel bleu. Voilà une journée qui s'annonce très agréable pour un nouveau rendez-vous avec mes baskets. Je m'offre un petit déjeuner rapide et je vérifie que mes indispensables "doudous" sont tous réunis. Mes fidèles acolytes se prénomment : Garmin 305 Forruenner, I-pod, lunettes de soleil, bouteille d'eau et appareil photos ! Tout ce petit monde est prêt pour une nouvelle aventure et pas la moindre, ensemble on va se tester sur une distance de 9,7 km.

La petite débutante que je suis prend confiance et rêve de plus en plus ! Il n'y a pas si longtemps, j'aurai cru impossible de participer à cette course en tant que coureuse. Parce que je connaissais le parcours en Nordic Walking, je savais d'avance qu'il y aurait une rude montée dans le Bois de la Bâtie. Il y a toujours plus simple dans la vie, comme par exemple choisir une course relativement plate pour un presque 10 km. Seulement voilà, l'idée de courir dans ma ville me donnait des ailes !

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Le parcours bleu : 9,7 km pour la course à pied

Le parcours rouge : 8,3 km pour le Walking et le Nordic Walking

Il est presque 09h00, mon Prince Charmant s'inscrit sur place pendant que Carole (ma voisine) et moi retirons nos dossards. Tiens, mon téléphone sonne. Génial... c'est Claude de Monaco ! En fait, nous ne nous connaissons pas réellement mais nous partageons notre plaisir de courir, au travers d'échanges sur Facebook. Claude, qui a travaillé autrefois à Genève, était présent à la Course de l'Escalade 2010 mais nous n'avions pas eu l'opportunité de nous rencontrer. Cette fois, on peut déposer le clavier et éteindre l'écran avant de faire connaissance ! Une fois encore, la magie d'internet offre des possibilités extraordinaires pour effacer toutes les distances.

Nous en avons d'ailleurs profité pour immortaliser cette rencontre.

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Quelques foulées d'échauffement, quelques détours du côté des toilettes et soudain je réalise que la ligne de départ est déjà bien colorée. Il est temps que j'entre dans la ronde et que je vérifie une dernière fois ma montre GPS. Zut, j'ai la clé de la voiture dans la main et elle va me gêner parce que dans la petite poche de mon short, j'ai déjà soigneusement installé mon I-pod. Je cherche des yeux mon mari. Son t.shirt orange devrait se détacher de la masse de coureurs mais je ne le trouve pas. J'avance timidement dans le sas, je cherche partout, rien... pas de Prince Charmant à l'horizon. Mon souci de clé est finalement minime, j'arrive à la ranger avec mon juke-box, par contre je suis sacrément entourée de coureurs au look redoutable !!! A cet instant, je me demande ce que la petite débutante fait si près de la ligne de départ. Tant pis, je n'ai plus le temps de reculer ni de chercher mon mari,  Carole ou Claude !

Il n'y a qu'un départ unique. Les coureurs sont devant, les marcheurs à l'arrière. PAN c'est parti ! Les petites foulées des premières secondes laissent la place à un rythme plus soutenu. Oh la la... je suis embarquée par une vague de coureurs, attention à toi la Miss, tu dois absolument penser à toi, rien qu'à toi ! Je comprends très vite que si je peux me laisser entraîner sur le 1er kilomètre, je devrai ensuite trouver mon rythme et mon souffle. C'est d'ailleurs là que ma course débute vraiment, ce passage où mes jambes réalisent qu'on forme une équipe, avec mon coeur et ma respiration. Cette étape, c'est un peu comme si j'intégrais le décor, comme si je pénétrais dans le tableau, comme si je m'isolais dans la foule colorée.

Le Pont des Acacias est déjà loin derrière moi, je poursuis sur le Pont de Saint-Georges pour découvrir la fameuse montée du Bois-de-la-Bâtie. C'est ici que cela se corse ! Nous ne sommes qu'au 2 ème km et la première difficulté chatouille mon rythme. Je raccourcis mes pas, je me fais dépasser un peu, beaucoup, non... quand même pas à la folie ! Bref, je grimpouille (on sent bien la foulée débutante !). Courir dans les bois, alors que nous sommes en pleine ville, est un délice. J'apprécie tout particulièrement d'être à l'ombre. Il me manque un verre d'eau bien frais pour que je sois totalement bien. La prochaine fois, je m'équipe d'un "bar portable". Ma gorge me brûle, elle est tellement sèche. C'est d'ailleurs la seule partie de mon corps qui se rebelle.

Une descente avec des virages bien serrés me portent jusqu'au Viaduc de la Jonction. Sous celui-ci, j'aperçois des coureurs. Grosse erreur de ma part car j'oublie que ce n'est pas tout de suite que je me retrouverai sur ce chemin forestier. Etrange surprise lorsque je réalise que j'ai un crochet à faire dans le quartier de St.Jean avant de rejoindre les bords du Rhône. Quelques montées, descentes, séries d'escaliers, c'est vraiment varié et cassant ! Cela descend encore et j'aime ça ! Ma soif devient obsessionnelle, l'idée de boire me hante l'esprit, je ne pense plus qu'à cela. Heureusement, le Pont Sous-Terre n'est plus très loin et un poste de ravitaillement m'attend. La vision du gobelet est alors mon unique objectif ! Quel bonheur que de sentir le précieux liquide humidifier ma gorge et hydrater mon mental.

Devant moi se dessine un quai, face à la ville, avec le Jet d'Eau en arrière plan. Ca y est, je ne rêve plus ! Je cours pour de vrai ou alors, mes rêves sont au rendez-vous. Je ne sais pas, je ne sais plus, mais cela m'est complètement égal : JE SUIS HEUREUSE et c'est tout ce qui compte. Pourtant, dans ce même passage, je sens que mes foulées sont plus lentes. J'ai passablement ralenti et je me sens lourde. Mon genou droit est toujours aussi sage, pas l'ombre d'une douleur. Soudain, je crois comprendre ce qui m'arrive.

Je me souviens alors d'une multitudes de coquines. De si petites chipies qui se sont logées dans mon corps. Elles portent le petit nom de calories. Nées de ma gourmandise, invitées par des excès de chocolat, elles me taquinent en lestant mon corps de leurs effets. Message compris 5 sur 5 ! Il est temps d'envisager d'alléger ma gourmandise et d'équilibrer mon assiette. Je me promets que pour fin mai, je laisserai sur le bord de la route 1 ou 2 kg.

Les imposants travaux du Pont de l'Ile ne nous empêchent pas de changer de rive et de poursuivre sur le quai de l'Ile, jusqu'à la promenade des Lavandières. Cet endroit a quelque chose de particulier, nous sommes sur un banc de terre qui divise le Rhône en deux. Nous courons entourés d'eau ! Le quai des Forces Motrices, puis le sentier des Saules m'offrent une période de répit. Sans retrouver un rythme idyllique, je me sens bien. Mon pas est régulier et j'essaie de me ménager pour terminer sans trop de difficulté.

Je pénètre dans l'enceinte du dépôt des TPG (transports publics genevois) avec sa haie de bus oranges qui me regardent courir ! Que d'honneur Messieurs les Bus ! La dernière passerelle, celle du Bois-de-la-Bâtie me confirme que l'arrivée n'est plus très loin et puis... je reconnais un maillot orange. Mon Prince Charmant est venu à ma rencontre. Bien plus rapide que  moi, il a la gentillesse de venir me donner une dose d'encouragement pour le dernier kilomètre. Pour être honnête, je n'ai plus de réserve pour accélérer mais j'apprécie sa compagnie. Ensemble nous courons, encore un instant éphémère qui se grave dans mes délicieuses sensations.

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L'arrivée est devant moi et je termine en 01:03:27. Waouwwww pas mal ! D'autant plus que ma montre indique 9,9 km et non pas 9,7 km comme je le pensais. Ce résultat me convient parfaitement, sachant que les montées étaient une réelle difficulté que je maîtrise mal. J'ai réussi ! Ma 4ème participation à une course est aussi merveilleuse que les précédentes et stimule toujours davantage mes rêves de courir. Cette fois, je sais que je suis capable de participer à un 10 km !

La petite débutante est sur son nuage.kacheekbutterflyxb9

A tous les lecteurs et lectrices qui débutent en course à pied, j'ai envie de vous dire : Croyez en vous, laissez-vous du temps pour vous entraîner, ne baissez pas les bras si vous rencontrez des passages plus délicats ou des pertes de motivation et surtout, ne brûlez pas les étapes. Soigner une blessure avec un temps de repos contrariant mais efficace vous apportera la plus belle des récompenses. Qu'importe le chrono ! Participer et terminer une course est une victoire indescriptible.

Si par ces quelques lignes, je peux vous donner l'envie de rêver et d'aller au bout de vos rêves, alors vous me récompenserez une nouvelle fois ! Avant de terminer, je tiens à adresser un message amical à mon ami Claude de Monaco. Bravo l'ami, tu es un sacré coureur d'une grande expérience. J'espère qu'un jour nous aurons davantage de temps pour que tu me racontes tes plus belles courses. Ma soif d'apprendre la course à pied ressemble presque à celle que j'avais pour le gobelet du poste de ravitaillement !

Un gros bisou également à Carole qui s'était inscrite dans la catégorie Walking et qui,  au dernier moment, a échangé son dossard pour courir avec nous. Une pensée amicale à Pascale, la super Nordic Walkeuse aux yeux pétillants. Un bravo-champion à Daniel qui m'avait encouragée lorsque je courais à la Trans'Onésienne et qui a partagé ma course d'aujourd'hui. Un salut à Olivier que je connais bientôt plus dans l'univers des courses qu'au camping ! Et... et...

Un immense MERCI, plein de reconnaissance et d'amour, à mon Prince Charmant qui me fait découvrir le plaisir de courir. Je te donne plein plein de nouveaux rendez-vous, avec nos baskets ! Nous avons encore tant à découvrir et à vivre.

Ma_course_002

Posté par Miss Evidence à 22:48 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
14 mars 2011

Derby des Bois à Versoix - 13 mars 2011

L'année 2011 se profile avec une jolie série de courses à l'horizon. Vaste choix en perspective et surtout une multitude de parcours différents nous seront proposés. Alors, quelles sont les courses qui pourraient correspondre à mon modeste niveau ? Au mois de novembre 2010, je m'étais testée douloureusement sur les 4,380 km de la Trans'Onésienne. Partie bien trop vite (comme une parfaite débutante !), j'avais côtoyé le rouge non-stop durant 26 minutes, un véritable cauchemar. Je gardais alors unique objectif pour la nouvelle année : Apprendre à courir à mon rythme !

Affiche_et_Nicole_001

Le Derby des Bois, avec un parcours de 4,570 km, répondait parfaitement à cet apprentissage. J'avais un petit avantage, celui de connaître le parcours pour l'avoir fait en catégorie Nordic Walking. Autre motivation, mon mari qui avait congé ce dimanche là m'accompagnait. Même si il avait opté pour les 9 km, j'appréciais énormément de partager avec lui cette aventure. C'est certain, à mon niveau, mes premières courses sont toutes des exploits !!!

Une copine, Carole, s'était jointe à nous pour se défouler les pattes ! Tout comme moi, elle se découvre une véritable passion avec des baskets aux pieds. Nous nous étions placées à l'arrière de la ligne de départ. C'était l'unique moyen pour que je ne me fasse pas avaler dès le coup d'envoi ! Très vite, j'ai vu Carole partir loin devant moi. J'avoue avoir eu quelques doutes... Est-ce que je ne me traînais pas trop ?

C'est parce qu'une petite voix me murmurait que je devais me respecter que je n'ai pas forcé. Tant pis, être débutante c'est aussi accepter de regarder les autres filer devant soit !

Après quelques foulées sur le bitûme, nous étions sur un chemin forestier qui longeait un petit cours d'eau. J'apercevais encore quelques coureurs et soudain, le maillot bleu de Carole était devant moi. Elle filait bien, la coquine ! Qu'importe ceux qui étaient devant ou derrière moi. Pour la toute première fois je courais à mon rythme, sans le moindre défi, et j'étais divinement bien ! Réussir à déposer la pression du départ au bord du chemin était une révélation. Cette soif de courir en pleine nature nourrisait ma motivation et récompensait ma persévérance.

En deux mots : J'étais bien !

A ceux qui se posent la question de savoir après quoi je cours, la réponse est là :

Un doux sentiment de liberté et de bien-être, un intense voyage au fond de moi, un mélange de force et puissance entre le corps et l'esprit, un équilibre personnel unique et rarement comparable dans le quotidien de la vie.

Alors que la première boucle touchait presque à sa fin, la terrible montée guettait mon passage. Je vous assure, ce n'était pas un simple talus mais carrément une pente à dévaler avec une luge un jour de neige ! Je m'étais alors souvenue des conseils précieux de mon mari : "Fais de petits pas et cours sur tes pointes". Quel soulagement en arrivant au sommet, mes jambes appréciaient de retrouver un parcours plus roulant. Au passage, j'avais eu le temps de voir Sandrine à qui j'avais confié mon appareil photo. Merci à toi ma belle, grâce à toi j'avais ma papparazzi privée !

La deuxième boucle s'était profilée dans une condition toujours aussi positive. Je dépassais peu de monde mais je dépassais quand même ! Je réalisais alors combien il était précieux de m'économiser sur le début d'une course pour ronronner plus longtemps. Bien sûr, mes foulées n'étaient plus aussi régulières, je sentais bien que je m'accrochais davantage que lors d'un entraînement mais c'était aussi cela que j'étais venue chercher en m'inscrivant dans une course. J'aime sincèrement cet étrange relation entre le mental et le physique. 

Lorsque je m'étais présentée pour la 2ème fois devant la redoutable montée, j'avais un "lièvre" qui m'attendait. En effet, mon mari était là, non seulement pour m'encourager mais aussi pour courir à mes côtés en m'aidant à maintenir un rythme qui me permettrait de terminer ma course. Ces instants étaient magiques ! Mon mari devenait à la fois mon souffle, ma force et mon courage. Il me coachait avec ses paroles douces et un ton calme, rien de compétitif, juste un brin d'oxygène qui venait me booster.

Soudain j'apercevais enfin la foule et l'arrivée. Dans un dernier sursaut mélangeant rage et combativité, j'allais tout donner. Un sprint déterminé m'emportait à une allure folle et impossible à tenir sur une longue distance ! Heureusement que je ne voyais pas la tête des spectateurs qui observait cette étrange femme qui s'emballait !!!

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En consultat mon classement, j'ai eu la grande suprise de constater que je terminais ma course de 4,570 km en 00:27:46 soit à la 22 ème place sur 38 participantes. Cela m'encourage pour mes futurs entraînements et me donne l'envie de participer à d'autres courses.

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Posté par Miss Evidence à 12:43 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
26 novembre 2010

La Trans'Onésienne : Ma toute première course à pied

J'ignorais que lire le journal, un samedi matin, pouvait avoir autant de conséquences ! Alors que je m'apprêtais à profiter d'une matinée de congé, sans stress, ni programme défini, voilà que je tombais sur un petit article qui annonçait une course à pied, près de chez moi, avec une catégorie populaire dont la distance était de 4 km 370.

journal_grand

Non... ce serait de la folie... je ne suis pas prête et puis... après tout... si j'osais ?

Pourquoi ne pas tenter cette "première" en m'offrant de nouvelles sensations dans une vraie course à pied ? Je reconnais qu'il y a un fossé énorme entre le Nordic Walking que je pratique depuis longtemps et le Running mais.... si je ne m'élance pas un jour, je ne ferai que repousser davantage le défi, non ?

Le temps de préparer mes affaires, de proposer également à ma puce de 6 ans une course pour son âge, d'embarquer mon fils de 12 ans et... à nous la Trans'Onésienne !

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Nous avions la possibilité de nous inscrire sur place, dès 11h00. Bravo à l'organisation de la course qui proposait une catégorie "parents-enfants", sans finance d'inscription ! C'est assez rare pour être relevé ! Ma puce et moi avions un dossard avec le même numéro, quel plaisir de faire équipe avec ma petiote ! J'en ai profité pour retirer également le dossard que j'allais porter par la suite, dans la catégorie populaire.

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En retirant nos dossards, j'avais découvert un stand de chaussures BROOKS avec un tapis de course et la possibilité de faire étudier gatuitement ma foulée. Il n'y avait encore personne et j'avais du temps devant moi. J'ai eu la possibilité d'essayer une chaussure très intéressante pour mon pied et... on me l'avait prêtée pour ma course ! Chouette expérience que de pouvoir courir une certaine distance avec une nouvelle paire.

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Nous voilà à quelques instants du départ de la course parents-enfants ! Ma petite puce était un peu stressée. Je lui avais promis que si besoin, je lui donnerai la main et que c'était à elle de trouver son rythme.

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Le départ est donné ! Elle s'est donnée à fond ma petite princesse !

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Un seul regret, il n'y avait pas de classement et ma petite n'a pas eu le plaisir de connaître sa position à l'arrivée. Par contre, un grand bravo aux organisateurs qui ont récompensé ces jeunes participants avec une magnifique médaille ! Une course gratuite qui offre une médaille souvenir, c'est vraiment fantastique !!!

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Courir avec son enfant était un privilège, on s'encourageait mutuellement et quand une petite fille demande à sa maman si tout va bien, c'est magique ! Et puis... c'était l'heure que je me prépare pour ma première course, dans une catégorie courte distance, comme une vraie débutante. Vous dire que je ne stressais pas serait un mensonge ! Mon fils de 12 ans me montrait les autres participants aux allures de vrais coureurs. Waouwwww mais qu'est-ce que je faisais au milieu d'eux ?

C'est là que mon adorable garçon m'a dit : "Maman, tu ne me fiches pas la honte, tu ne vas quand même pas terminer dernière ?". Rhooooooooo comme si je n'avais pas assez de pression !!! Sacré fiston.

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Pffff... pas facile ! Je m'étais laissée surprendre par le rythme très (trop) dynamique du départ, absolument pas dans mes habitudes. Autant dire que très vite, je réalisais que je me plantais complètement. Plus j'essayais de trouver ma zone de confort plus je souffrais. Comme si j'étais incapable de gérer mes jambes ! La distance avait beau n'être que de 4 km 370, je ne voyais plus la fin. Durant ces instants de course douloureuse, j'ai pensé à mon mari qui était absent pour raison professionnelle. Je voulais lui monter ce dont j'étais capable. J'ai pensé à mes enfants qui m'attendaient sur la ligne d'arrivée et aux paroles de mon fils, qui espérait que je ne serai pas la dernière ! C'est certain, cela motive à fond ! J'ai pensé à Gilles qui a couru un marathon, à son magnifique compte-rendu. Il me semblait peu correct de me plaindre sur une courte distance, alors j'ai tenu jusqu'au bout.

En consultant mon classement, j'ai eu la grande satisfaction d'apprendre que j'avais terminé ma course de 4 km 370 en 00:26:26 soit à la 66ème place sur 77 participantes ! Ouf... j'avais sauvé l'honneur de mon fils !

Mon prochain objectif sera d'apprendre 

à trouver ma zone de confort, lors d'une course.

 

Posté par Miss Evidence à 12:09 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
02 août 2010

Thyon-Dixence : 1er août 2010

Que la montagne est belle mais que la montagne est rude aussi !

Me voilà de retour devant le PC, les muscles endoloris et parfumés à l'excès de pommade promettant mille vertus pour me soulager ! A défaut de me donner des ailes, je me tartine généreusement et surtout, je me repasse en boucle la magnifique journée d'hier que j'ai faite en marchant, à la Course de Thyon-Dixence.

J'avais donc promis... mais... qu'avais-je promis déjà ? 890238

Hummmm si je fouille dans ma mémoire, il se pourrait bien que mon Prince Charmant m'avait demandé de ne pas forcer. De me ménager pour la course de Sierre-Zinal qui a lieu ce week-end. Cela me dit vaguement quelque chose mais, une fois dans un décor de montagne, entourée de couleurs magnifiques, emportée par une ambiance festive, c'est fou comme j'ai des trous de mémoire !

07h30 Nous sommes à Thyon et je suis épatée par le nombre de personnes qui s'inscrivent sur place ! Rapidement, mon Prince Charmant et moi remplissons notre bulletin et retirons nos dossards. Petit détour au pipi-room avec la traditionnelle  et interminable file d'attente de ces dames !

001

08h30 Nous sommes tous prêts et le départ de la catégorie "Touristes" est donné. S'élancent ensemble des coureurs et des marcheurs. Quelques personnes sont équipés de bâtons de Nordic Walking ou de randonnée mais c'est vraiment une petite minorité. Pour ma part, j'avais fais le choix de dernière minute de partir sans bâtons pour marcher. Ne connaissant pas le parcours et ayant appris que le sentier était étroit, j'ai eu peur qu'ils me gênent plus qu'ils ne m'aident.

004

Aie ouille aie... ça grimpait tout de suite et bien que je me trouvais dans une file étroite de marcheurs, le rythme était soutenu. Il y avait du monde devant et derrière moi, j'étais prise en sandwich ! Enfin... pour moi qui ne suis pas une grande fan des montées, ça chauffait direct dans les jambes et dans la tête. Très rapidement je surveillais mes pulsations, j'entendais mes battements de coeur qui tambourinaient un peu trop.

Arrivée au 2ème km, c'est le clash... ma tête tournait je ne me sentais vraiment pas bien. A cet instant-là, la première chose qui m'est venue à l'esprit est que j'étais une dingue sur 2 pattes qui ne pourra jamais faire Sierre-Zinal, dans une semaine. Plus raisonnablement, j'aurai aussi pu me dire que partir plus en douceur était une "évidence". Sincèrement, je ne cherchais pas à foncer, c'était vraiment la configuration étroite du sentier et le rythme des marcheurs qui m'entraînaient. Partir dans les derniers revenait à être constamment gênée par les autres participants avec beaucoup de difficulté à dépasser par la suite. A ce fameux 2ème km j'ai eu besoin de lâcher prise totalement et de reprendre mon souffle, je me suis donc assise quelques instants pour respirer calmement et faire le vide dans ma tête.

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Dans cette expérience courte dans le temps se mélangent la rage de se planter si près du départ, la naïveté de démarrer trop fort, la peur de ne pas repartir, la déception d'un éventuel abandon mais surtout la volonté de corriger son erreur et de se relever avec humilité et sans autre objectif que de marcher au rythme qui est le mien et non pas celui de l'effet de groupe.

La montée se terminait peu après le 3ème kilomètre, à 2360 m. d'altitude, et j'avoue que c'était un bonheur sans fin que de retrouver un passage moins douloureux ! C'est simple, les jambes retrouvaient sans peine leur pleine fonction de me porter.

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012

Les paysages sont magnifiques ! C'est une nature intacte que j'inspirais à plein poumon. Un bol d'air des montagnes à donner le vertige, d'ailleurs l'altitude à laquelle je n'étais pas habituée a certainement joué en ma défaveur, lors des 2 premiers kilomètres de la course. Voilà encore un paramètre dont j'aurais dû tenir compte dans ma gestion de l' effort.

Soudain, nous avons eu les spectatrices les plus locales : Les vaches du Val d'Hérens (prononcez érein) ! Il s'agit d'une race bovine suisse originaire du Valais. Montagnarde et courte sur pattes, la vache d'Hérens grimpe facilement jusqu'à 3000 m. d'altitude.

Les animaux de cette race sont dotés d'un tempérament vif et belliqueux qui se concrétise par la manifestation d'un rituel de dominance exacerbé. Les combats auxquels se livrent naturellement les vaches lors de la mise à l'herbe, de la montée à l'alpage (inalpe) ou lors de la réunion de deux troupeaux en témoignent. Cette aptitude est bien sûr à la base de l'organisation des combats de vaches qui ont lieu chaque printemps.

En Valais, ces manifestations rassemblent plus d'une centaine d'animaux répartis en diverses catégories selon l'âge et le poids. Ces rencontres sportives se déroulent entre deux vaches qui, l'une en face de l'autre, front contre front, poussent chacune jusqu’à ce que l'une d'entre elles recule. Après maintes joutes, l'une des combattantes est déclarée « Reine » par le jury. (Source Wikipedia)

013

Je reviens à ma course et vous présente le 1er poste de ravitaillement, situé au 6ème kilomètre.

014

Durant quelques 3 kilomètres, le parcours était plus facile parce que pratiquement plat mais parfois avec des passages bien plus techniques pour poser ses pieds sans risquer de se tordre une cheville. Il suffisait alors de laisser mon regard devant mes pas, ou mieux encore de marcher juste derrière une personne et de profiter de visualiser les bons rochers sur lesquels poser mes pieds.

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018

Voici à quoi ressemble les passages délicats pour les chevilles.

019

Petit instant de découragement en découvrant que je n'étais qu'à 65% d'effort ! Pffff.... encore 4 km à envisager  alors que je sentais que je n'étais pas au mieux de ma forme. C'est là que le mental s'est réveillé pour prendre le relai. Pas question de rester sur une seconde d'épuisement, j'étais venue pour participer et je tenais à aller jusqu'au bout. Le barrage de la Grande Dixence était de plus en plus proche et au bout, je savais que mon Prince Charmant m'attendait. Si l'amour ne donne pas des ailes à mes baskets, il en donne au moins à ma volonté !

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Les taches blanches ne sont pas des rochers mais des moutons !

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Sur la photo suivante vous découvrirez le passage le plus difficile, parce qu'il arrive en fin de course et qu'il grimpe vraiment très très méchamment, même si l'image n'est pas à la hauteur de la réalité ! Sur la hauteur, il y a passablement de spectateurs. Je pensais alors voir l'arrivée, grave erreur !

028

Voici d'ailleurs le 1er coureur, César COSTA, et le 2ème coureur , Tarcis ANCAY le valaisan, qui me dépassaient ! Le départ de la catégorie élite avait eu lieu à 10h30, soit 2 heures après le mien. C'était vraiment incroyable des les admirer et de les entendre souffrir dans leur respiration. Félicitations messieurs !

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Plus modestement... Miss Evidence avale son dernier kilomètre !

031

Et soudain... je découvrais quelque chose de totalement inconnu jusqu'à présent : des CRAMPES aux mollets. L'enfer... une douleur aussi brutale et violente ne se décrit pas avec des mots. J'ai eu mal comme jamais. L'impression qu'un chien m'avait mordu dans les 2 mollets en même temps. Je n'avais pas d'autre solution que de serrer les dents et de lutter. Pour rien au monde je n'aimerais revivre ces derniers pas. Même le plus beau des paysage et la ligne d'arrivée, sur le barrage, ne pouvait soulager mes souffrances. Fichtre... j'aurais donné n'importe quoi pour que ces crampes m'oublient.

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032

Enfin j'arrivais sur la descente, celle qui me mènerait au barrage. Le soulagement d'apercevoir l'arrivée était immense. Mes jambes s'emballaient d'elles-même et je les ai laissée aller ! Il était plus facile d'être emportée par un petit rythme de course plutôt que de retenir mes pas en marchant.

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Deuxième moment de panique totale en arrivant sur le barrage. Mes 2 mollets se  sont rebellés avec encore plus d'agressivité et de nouvelles crampes constantes, cette fois la douleur était insupportable. J'étais au bord des larmes. J'avançais un pied après l'autre, en marchant très très lentement alors que les gens m'encourageaient et me félicitaient. Sincèrement, je ne devais pas être belle à voir avec mes grimaces de douleur !!! Ne sachant plus que faire pour stopper ces crampes, j'ai commis une erreur qui m'a littéralement abattue. Pensant faire un étirement des mollets, je  me suis hissée sur la pointe des pieds. La réaction a été immédiate, j'ai crié sous le supplice des crampes qui augmentaient encore plus violemment. Si je devais donner une description la plus réaliste, c'est comme si on m'avait frappé les mollets en même temps avec une barre de fer. Atroooooce...

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J'ai entendu une dame me dire : "Donnez-lui à boire, elle a des crampes." Immédiatement j'ai pris ce qu'il me restait de boisson, sur ma ceinture, et j'ai vidé ma bouteille d'une traite. Cela m'avait partiellement soulagée. Il ne me restait que 200 m pour franchir la ligne d'arrivée et c'était vraiment un calvaire que je ne suis pas prête d'oublier de si tôt...

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Je remercie encore chaleureusement la gentille bénévole qui m'a massée les mollets !

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Un grand merci aux organisateurs de la Course Thyon-Dixence, j'ai vécu une course fantastique !

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Nous étions 574 participants dans la catégorie touristes

et j'ai terminé ma course en 3h et 26 minutes pour 16 km 350

Fréquence cardiaque moyenne 151 pulses

Fréquence cardiaque maximum 171 pulses

Capture01

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Pour terminer, je remercie Tricycle et Gilles qui m'ont donné des indices précieux pour reconnaître Hemil de Nîmes, qui participait lui aussi à cette course. Comme il a couru dans la catégorie élite, j'ai pu l'attendre sur le barrage et le voir franchir la ligne d'arrivée ! Bravo champion ! N'oublie pas que l'année prochaine on se retrouve sur le départ de Sierre-Zinal !

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Pas d'entraînements sportifs prévus pour la première semaine d'août. Je m'offre une semaine de récupération avec une bonne dose de magnésium pour ne plus jamais revivre des crampes musculaires pendant une course !

Posté par Miss Evidence à 14:59 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Thyon-Dixence en marchant !

Que la montagne est belle mais que la montagne est rude aussi !

Me voilà de retour devant le PC, les muscles endoloris et parfumés à l'excès de pommade promettant mille vertus pour me soulager ! A défaut de me donner des ailes, je me tartine généreusement et surtout, je me repasse en boucle la magnifique journée d'hier, à la Course de Thyon-Dixence.

J'avais donc promis... mais... qu'avais-je promis déjà ? 890238

Hummmm si je fouille dans ma mémoire, il se pourrait bien que mon Prince Charmant m'avait demandé de ne pas forcer. De me ménager pour la course de Sierre-Zinal qui a lieu ce week-end. Cela me dit vaguement quelque chose mais, une fois dans un décor de montagne, entourée de couleurs magnifiques, emportée par une ambiance festive, c'est fou comme j'ai des trous de mémoire !

07h30 Nous sommes à Thyon et je suis épatée par le nombre de personnes qui s'inscrivent sur place ! Rapidement, mon Prince Charmant et moi remplissons notre bulletin et retirons nos dossards. Petit détour au pipi-room avec la traditionnelle  et interminable file d'attente de ces dames !

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08h30 Nous sommes tous prêts et le départ de la catégorie "Touristes" est donné. S'élancent ensemble des coureurs et des marcheurs. Quelques personnes sont équipés de bâtons de Nordic Walking ou de randonnée mais c'est vraiment une petite minorité. Pour ma part, j'avais fais le choix de dernière minute de partir sans bâtons. Ne connaissant pas le parcours et ayant appris que le sentier était étroit, j'ai eu peur qu'ils me gênent plus qu'ils ne m'aident.

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Aie ouille aie... ça grimpait tout de suite et bien que je me trouvais dans une file étroite de marcheurs, le rythme était soutenu. Il y avait du monde devant et derrière moi, j'étais prise en sandwich ! Enfin... pour moi qui ne suis pas une grande fan des montées, ça chauffait direct dans les jambes et dans la tête. Très rapidement je surveillais mes pulsations, j'entendais mes battements de coeur qui tambourinaient un peu trop.

Arrivée au 2ème km, c'est le clash... ma tête tournait je ne me sentais vraiment pas bien. A cet instant-là, la première chose qui m'est venue à l'esprit est que j'étais une dingue sur 2 pattes qui ne pourra jamais faire Sierre-Zinal, dans une semaine. Plus raisonnablement, j'aurai aussi pu me dire que partir plus en douceur était une "évidence". Sincèrement, je ne cherchais pas à foncer, c'était vraiment la configuration étroite du sentier et le rythme des marcheurs qui m'entraînaient. Partir dans les derniers revenait à être constamment gênée par les autres participants avec beaucoup de difficulté à dépasser par la suite. A ce fameux 2ème km j'ai eu besoin de lâcher prise totalement et de reprendre mon souffle, je me suis donc assise quelques instants pour respirer calmement et faire le vide dans ma tête.

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Dans cette expérience courte dans le temps se mélangent la rage de se planter si près du départ, la naïveté de démarrer trop fort, la peur de ne pas repartir, la déception d'un éventuel abandon mais surtout la volonté de corriger son erreur et de se relever avec humilité et sans autre objectif que de marcher au rythme qui est le mien et non pas celui de l'effet de groupe.

La montée se terminait peu après le 3ème kilomètre, à 2360 m. d'altitude, et j'avoue que c'était un bonheur sans fin que de retrouver un passage moins douloureux ! C'est simple, les jambes retrouvaient sans peine leur pleine fonction de me porter.

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Les paysages sont magnifiques ! C'est une nature intacte que j'inspirais à plein poumon. Un bol d'air des montagnes à donner le vertige, d'ailleurs l'altitude à laquelle je n'étais pas habituée a certainement joué en ma défaveur, lors des 2 premiers kilomètres de la course. Voilà encore un paramètre dont j'aurais dû tenir compte dans ma gestion de l' effort.

Soudain, nous avons eu les spectatrices les plus locales : Les vaches du Val d'Hérens (prononcez érein) ! Il s'agit d'une race bovine suisse originaire du Valais. Montagnarde et courte sur pattes, la vache d'Hérens grimpe facilement jusqu'à 3000 m. d'altitude.

Les animaux de cette race sont dotés d'un tempérament vif et belliqueux qui se concrétise par la manifestation d'un rituel de dominance exacerbé. Les combats auxquels se livrent naturellement les vaches lors de la mise à l'herbe, de la montée à l'alpage (inalpe) ou lors de la réunion de deux troupeaux en témoignent. Cette aptitude est bien sûr à la base de l'organisation des combats de vaches qui ont lieu chaque printemps.

En Valais, ces manifestations rassemblent plus d'une centaine d'animaux répartis en diverses catégories selon l'âge et le poids. Ces rencontres sportives se déroulent entre deux vaches qui, l'une en face de l'autre, front contre front, poussent chacune jusqu’à ce que l'une d'entre elles recule. Après maintes joutes, l'une des combattantes est déclarée « Reine » par le jury. (Source Wikipedia)

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Je reviens à ma course et vous présente le 1er poste de ravitaillement, situé au 6ème kilomètre.

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Durant quelques 3 kilomètres, le parcours était plus facile parce que pratiquement plat mais parfois avec des passages bien plus techniques pour poser ses pieds sans risquer de se tordre une cheville. Il suffisait alors de laisser mon regard devant mes pas, ou mieux encore de marcher juste derrière une personne et de profiter de visualiser les bons rochers sur lesquels poser mes pieds.

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Voici à quoi ressemble les passages délicats pour les chevilles.

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Petit instant de découragement en découvrant que je n'étais qu'à 65% d'effort ! Pffff.... encore 4 km à envisager  alors que je sentais que je n'étais pas au mieux de ma forme. C'est là que le mental s'est réveillé pour prendre le relai. Pas question de rester sur une seconde d'épuisement, j'étais venue pour participer et je tenais à aller jusqu'au bout. Le barrage de la Grande Dixence était de plus en plus proche et au bout, je savais que mon Prince Charmant m'attendait. Si l'amour ne donne pas des ailes à mes baskets, il en donne au moins à ma volonté !

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Les taches blanches ne sont pas des rochers mais des moutons !

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Sur la photo suivante vous découvrirez le passage le plus difficile, parce qu'il arrive en fin de course et qu'il grimpe vraiment très très méchamment, même si l'image n'est pas à la hauteur de la réalité ! Sur la hauteur, il y a passablement de spectateurs. Je pensais alors voir l'arrivée, grave erreur !

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Voici d'ailleurs le 1er coureur, César COSTA, et le 2ème coureur , Tarcis ANCAY le valaisan, qui me dépassaient ! Le départ de la catégorie élite avait eu lieu à 10h30, soit 2 heures après le mien. C'était vraiment incroyable des les admirer et de les entendre souffrir dans leur respiration. Félicitations messieurs !

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Plus modestement... Miss Evidence avale son dernier kilomètre !

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Et soudain... je découvrais quelque chose de totalement inconnu jusqu'à présent : des CRAMPES AUX MOLLETS. L'enfer... une douleur aussi brutale et violente ne se décrit pas avec des mots. J'ai eu mal comme jamais. L'impression qu'un chien m'avait mordu dans les 2 mollets en même temps. Je n'avais pas d'autre solution que de serrer les dents et de lutter. Pour rien au monde je n'aimerais revivre ces derniers pas. Même le plus beau des paysage et la ligne d'arrivée, sur le barrage, ne pouvait soulager mes souffrances. Fichtre... j'aurais donné n'importe quoi pour que ces crampes m'oublient.

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Enfin j'arrivais sur la descente, celle qui me mènerait au barrage. Le soulagement d'apercevoir l'arrivée était immense. Mes jambes s'emballaient d'elles-même et je les ai laissée aller ! Il était plus facile d'être emportée par un petit rythme de course plutôt que de retenir mes pas en marchant.

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Deuxième moment de panique totale en arrivant sur le barrage. Mes 2 mollets se  sont rebellés avec encore plus d'agressivité et de nouvelles crampes constantes, cette fois la douleur était insupportable. J'étais au bord des larmes. J'avançais un pied après l'autre, en marchant très très lentement alors que les gens m'encourageaient et me félicitaient. Sincèrement, je ne devais pas être belle à voir avec mes grimaces de douleur !!! Ne sachant plus que faire pour stopper ces crampes, j'ai commis une erreur qui m'a littéralement abattue. Pensant faire un étirement des mollets, je  me suis hissée sur la pointe des pieds. La réaction a été immédiate, j'ai crié sous le supplice des crampes qui augmentaient encore plus violemment. Si je devais donner une description la plus réaliste, c'est comme si on m'avait frappé les mollets en même temps avec une barre de fer. Atroooooce...

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J'ai entendu une dame me dire : "Donnez-lui à boire, elle a des crampes." Immédiatement j'ai pris ce qu'il me restait de boisson, sur ma ceinture, et j'ai vidé ma bouteille d'une traite. Cela m'avait partiellement soulagée. Il ne me restait que 200 m pour franchir la ligne d'arrivée et c'était vraiment un calvaire que je ne suis pas prête d'oublier de si tôt...

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Je remercie encore chaleureusement la gentille bénévole qui m'a massée les mollets !

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Un grand merci aux organisateurs de la Course Thyon-Dixence, j'ai vécu une course fantastique !

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Nous étions 574 participants dans la catégorie touristes

et j'ai terminé ma course en 3h et 26 minutes pour 16 km 350

Fréquence cardiaque moyenne 151 pulses

Fréquence cardiaque maximum 171 pulses

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Pour terminer, je remercie Tricycle et Gilles qui m'ont donné des indices précieux pour reconnaître Hemil de Nîmes, qui participait lui aussi à cette course. Comme il a couru dans la catégorie élite, j'ai pu l'attendre sur le barrage et le voir franchir la ligne d'arrivée ! Bravo champion ! N'oublie pas que l'année prochaine on se retrouve sur le départ de Sierre-Zinal !

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Pas d'entraînements sportifs prévus pour la première semaine d'août. Je m'offre une semaine de récupération avec une bonne dose de magnésium pour ne plus jamais revivre des crampes musculaires pendant une course !

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27 juillet 2010

Sierre-Zinal, en marchant !

Je ne peux pas laisser passer l'été sans vous parler de la mythique Course de Sierre-Zinal

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La Course Sierre-Zinal (8 août 2010, 37e édition), aussi appelée la Course des cinq 4000, a souvent été considérée comme l'une des plus belles courses de montagne du monde. On a écrit qu'elle était à la course de montagne ce que le marathon de New York est au marathon. Elle est aussi la doyenne des grandes épreuves de montagne d'Europe.

Sierre-Zinal, au cœur des Alpes valaisannes, présente un parcours très engageant : 31 km avec 2200 mètres de montée, 800 de descente. Des paysages exceptionnels, une ambiance chaleureuse une organisation soignée expliquent le succès et la longévité de Sierre-Zinal.

En 2009, je découvrais le parcours avec mon mari et des amis. Nous étions partis en randonnée et nous avions divisé le parcours en 2 randos, l'une en juin, l'autre en juillet. Il faut reconnaître que cela montait tellement, surtout jusqu'à Chandolin, que jamais je ne me serais sentie capable de rallier Sierre à Zinal en une seule fois !

smiley_sport_484Et pourtant... la 36ème édition, au mois d'août 2009, j'y étais !!!smiley_sport_484

Mon mari, qui semblait avoir confiance dans mes capacités, m'a proposé de ne pas courir comme il le fait d'habitude mais de marcher à mes côtés. J'avoue que vu sous cet angle-là, j'étais toute disposée à accepter ! Sachant que le parcours était difficile et que l'endurance serait indispensable, autant physiquement que moralement, j'étais rassurée de le savoir avec moi. Ce jour-là, je n'avais aucun autre objectif que de terminer la course ! Ce fût un vrai triomphe personnel que de passer la ligne d'arrivée après 7h27 de marche, avec quelques petits et timides pas de course.

Retrait des dossards à Sierre, la veille de la course.

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Pire qu'un sac à main de nana.... voici tout mon petit bazar pour survivre !

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De gauche à droite : Miss Evidence, mon Prince Charmant et notre ami Michel

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Il est presque 5 heures du matin, le départ va être donné !!!

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C'est parti !

Ca grimpe très fort durant près de 12 kilomètres, ils seront les plus difficiles pour moi.

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Inutile de forcer, nous sommes nombreux et c'est tellement raide.

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Le stand de ravitaillement est une véritable oasis dans mon itinéraire d'assoiffée !

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Les premiers kilomètres se passent dans la souffrance et à un rythme lent, un peu comme s'il fallait bien se souvenir que cette course n'est pas une promenade familiale mais un véritable défi !

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Le jours se lève petit à petit et cela monte encore et toujours...

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Enfin nous quittons la forêt. A partir de là, le paysage change complètement.

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Le 2ème ravitallement est en vue ! Voilà de quoi me rendre le sourire !

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Des paysages à couper le souffle. Une nature qui nous donne (presque) des ailes !

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Courage.... le Weisshorn n'est plus très loin.

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J'y arriverai, j'y arriverai, j'y arriverai !!!

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L'un de mes passages préférés, après le Weisshorn.

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Heureuse mais épuisée ! J'ai franchi l'arrivée après 7h27 d'effort et d'endurance, mon plus grand défi est savouré dans la fierté. C'est à peine si je réalisais que j'avais vraiment terminé cette course ! Un IMMENSE merci à mon mari qui m'a encouragée tout le long, même quand je lui disais que je n'en pouvais plus... Il a toujours cru que j'étais capable d'aller jusqu'au bout, de persévérer et de ne pas craquer. Je lui dédie ma première participation !

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content_20_3_ Il est encore temps de vous inscrire, pour la 37ème édition !!!! Mon inscription est enregistrée et dimanche 8 août 2010, à 5 heures du matin, je remettrai ça mais sans mon coach de mari. Il sera bien présent mais profitera de courir, comme il le fesait les années précédentes. Par contre, je déroule un tapis rouge à mon collègue de travail, José dit Giuse, qui sera sur la ligne de départ.

L'année passé, après ma première participation, je racontais à mes collègues cette incroyable aventure de la Course de Sierre-Zinal. L'un d'entre eux, José, s'est dit très intéressé pour tenter la découverte du parcours sous la forme d'une randonnée. Pourtant, c'était loin d'être gagné parce que José n'est pas un passionné de course à pied et encore moins un marcheur ! Il voulait s'offrir un vrai défi pour ses 40 ans et par la même occasion, prouver à ses copains qu'il en était vraiment capable. Avec le sourire, sa bonne humeur et une grande volonté, José a réussi son pari, au mois de juin 2010 !

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Carte_d_nivel__Sierre_Zinal

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smiley_parler_94Je suis très très fière de vous annoncer que José dit Giuse est également inscrit pour l'édition 2010 ! Voilà un sacré rendez-vous qui nous attend. J'espère que la météo sera avec nous et que nous franchirons l'arrivée sans blessures. Vivent les courses en montagne, vivent les paysages féériques, vivent la Course de Sierre-Zinal !

Je termine ce long billet avec un petit clin d'oeil à Giuse ! Je l'avais filmé, lors de notre rando qui avait duré 13 heures au total, et le pauvre était loin d'être au bout de sa peine... José en direct, c'est ICI !!!

Posté par Miss Evidence à 22:06 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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